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Madagascar
En 1810, Radama Ier son fils âgé de 17 ans lui succède. Son inexpérience du pouvoir provoque des soulèvements de part et d'autres du royaume. Il en viendra à bout avec quelques difficultés mais le nouveau souverain va devoir faire face à une nouvelle menace dont il a pris conscience très tôt. La perte des îles françaises de Maurice et de la Réunion oblige certains colons à se réfugier à Madagascar et fuir l'occupant anglais. Ces derniers n'entendent pas laisser la moindre île de l'Océan Indien aux français et naturellement à l'aube de 1810, des navires britanniques sont aperçus près de l'île. Radama a tout de son père et va jouer la carte de la confrontation entre les deux pays afin d'asseoir sa propre autorité sur son royaume et au-delà. Ce n'est pas la première fois d'ailleurs que la présence française est répertoriée sur l'île Rouge.
Déjà en 1642, des Rochelais avaient fondé le comptoir de Fort Dauphin mais en raison des nombreuses maladies et de dissensions sur la question de l'esclavage, la petite colonie avait fini par péricliter. En 1674, les survivants d'un massacre organisé par les populations locales furent ramenés vers l'île de la Réunion voisine. Il y'eut encore cette République pirate de Libertalia (entre Nosy Bê et Diego Suarez) et enfin cet officier polonais du nom de Comte de Benyowsky (1741-1786) qui fut envoyé par le Roy de France pour nettoyer les côtes malgaches de la piraterie. Titré Gouverneur de Madagascar en 1774, il fonde Louisville avec son corps de volontaires. Le Comte de Benyowsky s'attira les sympathies des villageois locaux et tant si bien qu'il se fit proclamer Empereur de Madagascar au mépris de la monarchie Merina existante et naissante. La France renvoya un deuxième corps expéditionnaire militaire mettre fin à cette sédition et l'Empereur Malgache trouva la mort sur un champ de bataille en Mai 1786.
Sur la Grande Ile, le traité d'alliance signé avec l'Angleterre le 23 Octobre 1817 reconnaît le pouvoir du Roy Radama menaçant de fait les nombreux intérêts français, forts présents sur l'île grâce au commerce avec la Compagnie des Indes Orientales. Radama avait enfin unifié l'île en 1824 des années après la mort de son père (soumission des Sakalaves). Se voulant occidental, il interdit dès lors l'usage du poison et à la place du lamba traditionnel malgache, porte un uniforme militaire anglais devant son aristocratie consternée. Son armée est entraînée par des officiers anglais et une représentation britannique s'installe bientôt dans la capitale malgache. Une première pour le royaume peu habitué à tous ces étrangers. Une partie de l'aristocratie s'en offusque d'ailleurs très violement. D'autant plus que la présence anglaise met fin au commerce très lucratif des esclaves.
Radama Ier s'empare de Fort Dauphin en 1825et déloge les nouveaux Français de l'île qui s'y étaient réinstallés (1766) afin de préserver leurs routes commerciales menacées. Les dernières années de son règne furent douloureuses pour la cour. Ses colères étaient craintes, ses orgies connues et l'alcool bien trop près de son lit. La folie guettait le souverain.
Le 27 Juillet 1828 dans une crise de délire, il se trancha la gorge. L'armée favorisa un coup d'état (1er Août) et plaça sa femme et cousine, Ranavalona Manjaka sur le trône. Au grand dam des missionnaires qui la savait profondément anti-chrétienne. Connue sous le sobriquet de " Messaline malgache ou le Néron femelle ", Ranavalona se débarrasse de la mère, du neveu de Radama de 20 ans (Rakotobe le 30 Juillet 1828. Le père du Prince l'Andriana Rafety subira le même sort en Octobre de la même année ) et de sa propre sœur en les faisant étrangler d'un lamba de soie ou en les empoisonnant (par le tanguin) afin de préserver son pouvoir.
Seul le Prince Ramanetare réussira à s'échapper de ce bain de sang et se réfugiera à Moheli (dont il deviendra le Roy). Ranavalona née en 1782 était âgée de 22 ans lorsqu'elle partagea la couche d'un Andrianampoinimerina vieillissant et qu'elle trompa allégrement avec son fils Radama. Les mauvaises langues prétendirent qu'elle usa de son influence pour accéder au trône plus vite.
Elle chasse tous les français de l'île (battus en 1829 à Tamatave) et les 5000 malgaches convertis chrétiens sont obligés pour certains de se réfugier dans les îles comoriennes afin d'échapper au persécutions dont ils doivent faire face quotidiennement. Les missionnaires seront à leur tour chassés en 1838. La Reine interdit ses ports à tous étrangers en 1843 et la vente d'alcool dont Radama était féru, rétablit le jugement de Dieu, où victimes se voient forcées de traverser à la nage un fleuve peuplé de caïmans et cet autant de fois que la souveraine le souhaite. Deux ans après avoir expulsé tous les vahazas (étrangers) de Madagascar, elle repousse une tentative d'invasion franco- anglaise qui tentaient de la renverser.
Curieusement, la Reine qui compte déjà plus de 25 000 morts à son actif (la plupart sont d'ethnie Sakalave) va s'amouracher d'un vahazas français naufrageur en 1824, Jean Laborde (né en 1803). Devenu le premier architecte de Ranavalona et accessoirement son amant, son influence sera assez forte pour qu'il empêche la Reine de signer un protectorat avec l'Angleterre. Grâce à lui, les Français reprennent pied peu à peu dans la capitale et ce malgré les multiples tentatives du Premier Ministre Rainivoninahitriniony- Raharo (nommé en 1852). Cependant c'est un complot organisé par des aventuriers qui force Jean Laborde à s'enfuir en 1857. Il ne reviendra à Tana qu'après la mort de la Reine intervenue le 18 Août 1861, tout auréolé du titre de Premier Consul de France. Laborde décédera le 27 Décembre 1878.
C'est sous le règne de Ranavalona que va se développer l'usage qu'un ministre Hova (bourgeois) s'occupe de la souveraine régnante (ou l'épouse) et du royaume en son nom