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Lesotho
L’histoire des Sothos commence réellement avec le mfecane zoulou au XVIIIème siècle. Le déferlement des impis zoulous sur les terres des 23 petites tribus Sothos (les Kwena, les Fokeng, les Kwa-Kwa…) les poussent à se réunir et se réfugier dans les montagnes de Bhuta-Bhute afin d’échapper à la politique d’annexion du Roy Shaka Zoulou. Thaba-Bossiou fut fondée et devint la capitale de ces nouveaux montagnards.
Pour le souverain Zoulou, il n’est pas possible que les Sothos ne soient pas annexés. Une telle défaite risquerait de compromettre son empire. Pourtant sous la houlette de leur nouveau Roi, les Sothos de Moshoehsoe Ier vont repousser les guerriers zoulous en 1820 bien au-delà des montagnes. C’est un affront pour Shaka mais aussi une certaine indépendance pour les Sothos qui s’organisent dans ce royaume à la nature hostile.
Depuis son accession au trône des Kwena à l’âge de 29 ans (1815), Moshoeshoe Ier est un souverain qui est bien en avance sur son temps. Il a compris que la défense de son royaume passe par l’éducation de son peuple. Les Sothos avant le mfecane vivaient d’échanges commerciaux et n’étaient guère portés sur l’art de la guerre. L’Afrique du Sud était divisée entre les différentes colonies du Cap, des petites républiques boers, de divers royaumes bantous et l’Empire Zoulou. Les républiques boers n’étaient guère enclines à faire alliance avec les bantous qu’ils n’aimaient guère tandis que les anglais qui avaient abolis l’esclavage, entendaient les évangéliser rapidement. C’est ainsi que la section française de la London Missionary Society envoya quelques pasteurs dès 1829 vers Afrique Australe. Les pasteurs au cours de leur traversée se retrouvèrent à la cour du Roy Sotho (1839) et établirent 10 missions à travers le royaume. Moshoeshoe a vite compris que l’intrusion de ces étrangers blancs pouvait l’aider non seulement dans sa mise ne place de son programme d’éducation mais également lui assurait une protection militaire contre les tribus avoisinantes.
Il signa avec la colonie du Cap un traité de paix le 3 Octobre 1843. L’indépendance de son royaume était pleinement reconnue avec les terres comprises entre le fleuve Orange et la vallée du Caledon. A peine signé, le traité attisa les haines des tribus frontalières et des jeunes Républiques Boers. Le 3 Février 1848, après 5 ans de fortes tensions, la Colonie du Cap décida de dénoncer à son tour ce traité et qu’il était temps de placer le royaume sous un protectorat anglais.
Moshoeshoe Ier n’avait pas tenu tête aux impis pour s’abaisser devant les anglais ou les boers.
Les Sothos tinrent vaillamment têtes aux troupes anglaises jusqu’en 1853 (défaites britanniques de Kolonyama et Tloka). Force fut pour les britanniques de reconnaître une nouvelle fois l’indépendance du Lesotho. A peine le danger anglais repoussé, le royaume de Moshoeshoe fut menacé par les Boers qui convoitaient la riche vallée de Caledon et entendaient faire cesser les vols de bétails organisés par les Sothos dans la République de l’Etat d’Orange Libre.
La guerre débuta le 22 Mars 1858. Les commandos Boers attaquèrent la mission de Bersseba et l’incendièrent. Mieux équipés militairement que les Sothos, les Boers se heurtèrent eux aussi à une forte résistance. La Colonie du Cap fit office de médiateur et un accord fut signé entre les deux parties le 29 Septembre. Les frontières furent redessinées, les raids ne cessèrent pas pour autant et la guerre finit par reprendre dès 1865. Les Boers pratiquèrent la politique de la terre brûlée. Moshoeshoe dut s’incliner devant la famine qui menaçait son peuple. Les Boers dictèrent leurs conditions et la première d’entre eux furent de réduire le nombre de missions françaises protestantes au nombre de 3. Ils accusaient les Français qui gravitaient autour du souverain d’exciter les Sothos contre les Républiques Boers… Puis d’annoncer l’annexion du royaume. Cette dernière décision ne fut pas du goût du vieux souverain qui reprit les armes. Acculés en février 1868, les derniers jours du royaume étaient comptés. Les Boers allaient bientôt s’emparer du royaume.
Dans la Colonie du Cap, on s‘émouvait désormais de la situation des Sothos. Après avoir tenté de les annexer eux-mêmes, voilà que l’opinion britannique entendait sauver ce petit peuple menacé par le géant Boer. Habile manœuvre car pour sauver les Sothos, il fallait … les coloniser. Et la Colonie du Cap d’annoncer que le Royaume Sotho entrait sous la protection des anglais (1868).
Moshoeshoe Ier devenait un citoyen de l’Empire colonial Britannique et son royaume désormais appelé Basutoland (terre des Ba-Sothos). En 1871, la Colonie du Cap ne s’embarrassa plus de protocole avec le Souverain. Il l’annexa purement et simplement. Les Sothos se soulevèrent, refusant d’accepter cette décision arbitraire. Dix ans plus tard, les révoltes n’étaient toujours pas matées. La Colonie du Cap dut se résoudre à remettre en place le protectorat sur le Royaume. En échange de la fin des soulèvements, il fut garantit aux Sothos qu’aucun blanc ne tenterait de s’approprier des terres du royaume.