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Mali
Rebaptisé Soudan Français et colonie française en 1904, c'est après la seconde guerre mondiale que plusieurs partis réclamant l'indépendance sont crées. Le parti Démocratique Soudanais (PDS, 6 janvier 1946) affilié au parti Communiste français, le 26 Janvier Le Bloc Démocratique Soudanais (PDS affilié aux socialistes) puis enfin le 13 Février, le Parti Progressiste Soudanais (PPS) de Fily Dabo Sissoko. Mais c'est le congrès fondateur du Rassemblement Démocratique Africain en Octobre 1946 qui va permettre à ces partis de poser les jalons de l'indépendance. De la fusion entre le BDS et le PDS, à l'issu de ce congrès, va naître l'Union Soudanaise- RDA que vont diriger Mamadou Konaté et Modibo Keïta.
Dans un premier temps, mieux implanté que l'US- RDA, c'est le PPS qui remporte les élections législatives de 1946 et 1951. Ce n'est que le 12 Avril 1953 que Modibo Keïta arrive à obtenir la municipalité de Bamako dont il devient le maire. Très bon orateur, Modibo Keïta se sert de son poste pour permettre à l'US- RDA de mieux s'implanter dans le Soudan Français. A un te point que lors des législatives de Mai 1957, son parti obtient la majorité des sièges à l'Assemblée territoriale avec 35 députés contre 5 pour le PSP.
Modibo Keïta apparaît désormais comme l'interlocuteur privilégie de la décolonisation du Soudan Français. Après l'échec de la Fédération du Mali, l'indépendance est proclamée. La République du Mali née sur les cendres de l'Empire défunt. A peine a t-il prêté serment que Modibo Keïta décide que son régime suivra une politique socialiste proche de l'URSS. De fait, son mouvement reste le seul autorisé dans le pays (Dabo Sissoko sera arrêté en 1962 et meurt en prison)
Le régime se radicalise et au sein de l'US-RDA, on est divisé sur la politique à suivre. Modibo Keïta dissout alors son bureau consultatif le 22 Août 1967 faisant craindre des purges importantes. La situation devient menaçante pour chaque malien que le 19 Novembre 1968 , le (futur) Général Moussa Traoré (né en 1936) met les chars devant la présidence. Modibo Keïta est arrêté, la constitution suspendue et les partis politiques interdits (il meurt en 1977 dans des conditions dites suspectes)
La terrible sécheresse entre 1972 et 1973 achève économiquement le pays.
Le 2 Juin 1974, une nouvelle constitution approuvée à 99% permet aux militaires de se maintenir au pouvoir à travers un nouveau parti unique, l'Union Démocratique du Peuple Malien (les syndicats ont été dissous au début des années 70). Une élection présidentielle, qui ne voit que la seule candidature du Général Traoré le 19 Juin 1979, permet à ce dernier de s'asseoir tranquillement à la présidence sous une fausse image de démocratie. D'ailleurs, pour les élections législatives, les 82 sièges à pourvoir sont tous obtenus par des membres de l'UDPM (le Parti Malien pur la Démocratie et la révolution est entré dans la clandestinité avant de rejoindre les autres partis d'opposition en 1986 dans un Front National Démocratiue Populaire).
Avec le discours de La Baule (France), le Mali doit s'ouvrir au multipartisme. Mais l'armée entend toujours contrôler ce processus. Le 10 Décembre 1990, c'est plus de 10 000 personnes qui manifestent dans les rues de Bamako. 20 jours plus tard, l'ADEMA prend la tête d'une manifestation de 50 000 personnes…. Les manifestations vont continuer réclamant plus de libertés au Général Traoré impassible. Il a le soutien de l'armée. Enfin, presque tous car au sein des régiments, des voix discordantes commencent à se entendre.
Le 26 Mars 1991, le Lieutenant- Colonel Amadou Toumani Touré (né en 1948) fait arrêter Traoré après une violente répression contre les manifestions qui se succèdent.. Il n'a rencontré que peu de résistance. L'opposition civile craint que la nouvelle junte ne soit tentée de rester au pouvoir. Toumani Touré rassure. Il partira une fois le pouvoir rendu aux civils. Une nouvelle constitution sera même approuvée par l'opposition qui sort grandit de ce débat. 48 partis sont déjà enregistrés mais c'est l'ADEMA- PASJ (Parti Africain pour la Justice et la Solidarité) qui reste le premier d'entre eux. Preuve en est que ce parti remporte les législatives de 1992 avec 76 députés sur 116 face à une opposition qui ne partagera que quelques sièges restants. C'est donc naturellement, le leader de l'ADEMA- PASJ, Alpha Oumar Konaré (né en 1946, ancien Ministre des Arts de Traoré) qui va remporter la Présidence la même année. Et comme promis, le Lieutenant Colonel Toumani Touré se retire.. Une première en Afrique !
Dans les années 90, d'autres partis vont voir le jour comme le Parti de la Renaissance Nationale, le Bloc pour la Démocratie et l'Intégration Africaine (né d'une scission avec l'US RDA en 1995), le Rassemblement pour le Mali (scission avec l'ADEMA)… La démocratie est en marche dans la République . Les alliances tout aussi éphémères les unes que les autres se créent et se défont au gré des échéances électorales (ex : le Rassemblement Pour le Mali avec le Mouvement Patriotique pour le Renouveau (héritiers du général Traoré) dans une coalition nommée Espoir 2002).
Alpha Omar Konaré bénéficie de la reconnaissance internationale (il graciera Traoré en 2002 alors que celui-ci et son épouse avaient été condamné à mort en 1999) et s'emploie à régler le problème touareg dans son pays.
Toujours dans le respect des règles démocratiques, l'ancien putschiste Amadou Toumani Touré a été réélu Président en Mai 2002 avec 64% des voix et en Avril 2007 avec 71% des voix. Soutenu par une multitude partis dont l'ADEMA.
Dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, un putsch conduit par le Capitaine Amadou Haya Sanogo renverse le Président Amadou Toumani Touré à quelques jours de l'élection présidentielle dont il n'était pourtant pas candidat. Officiellement, le putsch a été justifié par la passivité du gouvernement à juguler la rébellion Touareg qui avait repris depuis janvier 2012 et les actions terroristes du mouvement islamiste Aqmi. 20 jours plus tard, le Capitaine Sanogo accepte de remettre le pouvoir au Président de l'Assemblée Nationale, le professeur Dioncounda Traoré. Entre temps, les Touraegs du mouvement national pour la libération de l'Azawad alliés au mouvement Aqmi se sont emparés du Nord du pays et proclamé la République de l'Azawad.