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Mali
C'est son fils Ouli qui lui succède de plein droit sur le trône. Mais jeune, il doit faire face à la concurrence de son oncle (et ancien vizir de son frère) Aboubakari qui revendique lui aussi le trône de Soundiata. Sans compter les prétentions des enfants adoptifs du guerrier légendaire, Mansa Wati et Mansa Khalifa. L'Empire vit sa première guerre civile ou tous s'affrontent pour la succession de Soundiata Keïta. Ouli décède en 1270 sans héritiers. Tout naturellement Wati s'empare du trône mais souverain médiocre, il se fait renverser en 1274 par Khalifa qui ne sera pas plus guère apprécié que son prédécesseur. La dictature qu'il impose aux mandingues n'est pas du goût du Grand Conseil qui décide de s'en débarrasser. Il faut dire que le jeu favori du Mansa était de monter sur le toit du palais et tirer des flèches au hasard sur la population. En 1275, il est brutalement assassiné après quelques mois de règne.
Le Grand Conseil appelle alors au pouvoir le Prince Aboubakari, frère de Soundiata. Le Prince qui lutte depuis 20 ans pour la succession peut enfin ceindre la couronne des Mansa. Trop âgé, il ne peut relever l'empire de ses ruines. C'est un coup d'état organisé par le Général Sakoura, un esclave libre, qui avait été affranchi durant le règne de la dynastie des Keïta en 1285. Général de talent, Sakoura réorganise l'Empire et se lance à la conquête du Royaume de Gao dont il s'empare rapidement. Mais ses succès militaires (et commerciaux puisqu'il noue des contacts avec Tripoli et le Maroc) sont aussi brutalement stoppés que sa prise du pouvoir fut rapide et facile. En 1300 alors qu'il rentre d'un pèlerinage de la Mecque, il est attaqué par les guerriers pasteurisés Danakil. La bataille lui sera fatale. Son corps ramené dans la capitale recevra les honneurs impériaux. Le Grand Conseil (Gbara) rappelle sur le trône un membre de la famille des Keïta en la personne de Gao, fils de Kolokan, une sœur de Soundiata. C'est donc un meurtre qui permet de nouveau aux Keïta de remonter sur le trône. En 1305, son fils Mohammed Ibn Gao II lui succède jusqu'en 1310. Sans héritiers, c'est son oncle Aboubakari II qui lui succède.
Le nouveau Mansa est un érudit qui veut découvrir le monde. Il a soif de connaissance. Il envoie un nombre considérable de bateaux explorer l'océan. On lui prête bien volontiers d'avoir affrété une expédition qui découvrira l'Amérique du Nord bien avant Christophe Colomb comme on suppose également que l'ethnie Garifuna des Caraïbes serait les descendants de cette expédition.
En 1312, Aboubakari II organise une expédition de plus de 2000 pirogues. Il ne reviendra pas, meurt certainement noyé mais regretté par ses sujets qui avaient vu en lui le digne successeur de Soundiata. C'est donc un petit fils d'Aboubakari I qui lui succède. Une nouvelle lignée dite de Faga Laye prend le titre de Mansa avec le Souverain Kankan Moussa. Il se veut le dépositaire du règne d'Aboubakari II et hérite d'un empire riche où la poussière d'or est le symbole de richesse et la monnaie obligatoire de commerce. Ce " seigneur des mines " comme il est surnommé va faire un pèlerinage remarqué vers la Mecque en 1324. C'est 60 000 personnes qui l'accompagnent avec 12000 esclaves, 80 chameaux et autant d'étoffes précieuses. A chaque passage de sa caravane dans une ville, il distribue or et fait construire des mosquées. La réputation de ce dévot va même dépasser les frontières de l'Afrique. Sur les cartes maritimes européennes, ce souverain d'or est représenté trônant sur les côtes du golfe de Guinée. Son voyage va durer un an durant laquelle il est absent politiquement de l'Empire. Afin de palier à tous problèmes, il en a confié les rênes à son Vice- Roi, faisant de celui-ci son héritier en cas de décès prématuré. Outre sa dévotion et ses richesses, Kankan Moussa est connu pour sa mansuétude. Alors que Gao est entré en rébellion, il préfère pardonner aux princes rebelles de la cité et offre le luxe à leurs enfants d'être éduqués auprès de lui dans la capitale impériale, Niani.
Ce seront même des architectes d'Andalousie qui vont lui construire son palais de Tombouctou, ville qu'il apprécie tout particulièrement. Palais (aujourd'hui disparu) auquel on ajoutera une université, une mosquée (encore visible de nos jours) et enfin des fortifications (1330) après la tentative ratée de la prise de la ville par les Mossis.
A la mort de Kankan Moussa (1337), l'Empire de Soundiata a atteint son apogée et un lieu de commerce incontournable entre l'Europe et l'Afrique. Son fils et successeur Maghan Ier ne règnera que 4 ans et en 1341 (on n'y retiendra que luxure et dépenses inconsidérées), c'est Souleiman , frère de Kankan Moussa, qui va se faire sacrer Empereur Mandingue du Mali. Si ce Mansa rencontre le célèbre Ibn Battouta (qui fera une description précise de la vie de la cour royale), l'empire amorce doucement un certain déclin. D'ailleurs Souleiman est aussi économe que fut dépensier son frère. Décède en 1360, son fils Kassa n'a guère le temps de régner puisqu'à son tour il meurt la même année après à peine 9 mois de pouvoir. Le Grand Conseil donne le pouvoir à son héritier légitime, Mari Diata II, fils de Maghan Ier qui avait du céder son trône à son oncle Souleiman en 1341.
L'empire se maintient tant bien que mal dans sa lignée politique et commerciale (Mansa Kassa offrira une girafe au Roi du Maroc) avant que le souverain ne tombe gravement malade en 1372. Ce seront ses ministres qui assureront le pouvoir jusqu'à sa mort. Son règne est marqué par le luxe et la débauche, la tyrannie et l'incompétence. Les règnes successifs de ses fils (Moussa II de 1374 à 1387 et Maghan II de 1387 à 1389) précipitent l'Empire dans l'anarchie. En 1389, le Haut Conseiller de la Cour Sandaki Mara Djata qui jusque là prenait les décisions en lieu et place des placides Moussa II et Maghan II se décide à se débarrasser de son souverain protecteur en le faisant emprisonner. Au-delà de ce coup d'état, c'est aussi le patriotisme qui mène ce putsch. Sandaki va tenter par des exploits militaires de replacer l'Empire au centre des stratégies politiques des royaumes africains. Et de faire finalement assassiner Maghan II, dernier descendant de la lignée Faga Laye.
Le frère des deux souverains Keïta, Mahmoud (ou Maghan III) reste au palais loin des intrigues. Du moins pour le moment car il songe fortement à reprendre ses droits au trône. Et ce sera chose faîte en 1390 où à son tour Sandaki est assassiné. Maghan III peut se réinstaller sur le trône de son ancêtre.