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Le temps des troubles, de Dingane à Cetswayo

Afrique du Sud

Dingane est né en 1795. Il s’est toujours voulu le successeur de Senzangakhona. Mais le nouveau souverain est loin d’avoir la capacité de son prédécesseur. Il est faible et sa légitimité déjà contestée. L’Empire est divisé, menacé par les anglais, envahis par les Afrikaners. Les premiers sont persuadés d’être supérieurs à tous les peuples d’Europe, les Afrikaners les fuient. Dingane n’aiment guère ces intrusions dans son empire ; il hait d’ailleurs ces européens. Il commence à faire le ménage dans sa famille dès les premiers jours de son règne. Sait-on jamais qu’un des princes soient tentés de s’allier avec ces blancs. Umthlangana sera assassiné à son tour.
Puis il règle le problème des Afrikaners. Les nouvelles de leurs succès contre les Sothos et les troupes de Mzilikazi inquiètent Nkozi Dingane. Le 6 Février 1838, il fait amener la délégation de 70 afrikaners conduite par Piet Retief (de 15 ans son aîné) au sein de son kraal. Il a cédé des territoires aux Afrikaners en échange de bétails volés par des tribus avoisinantes. Retief n’est donc pas inquiet lorsqu’il pénètre dans le Kraal. Les festivités battent leur plein, le souverain est plein de bonnes attentions avec les Afrikaners. Les tams- tams rythment les pas zoulous, les femmes servent de la bière de maïs aux afrikaners, rien ne laissent présager les terribles événements qui vont se succéder. D’un coup, les guerriers zoulous se ruent sur les afrikaners et les massacrent tous. Pas un seul n’en réchappera. Dingane est au fait de sa puissance ; il a envoyé un sévère message aux européens.
Mais les Afrikaners ne sont pas hommes à se laisser faire sans rien dire. Si la nouvelle du massacre est un choc, ils se réunissent afin de rendre justice à leurs morts.
Le choc entre les Zoulous et les Afrikaners aura lieu à la rivière Ncome le 16 décembre 1838. Face à plusieurs milliers de guerriers zoulous, les afrikaners n’alignent que 470 hommes armés. En Avril les impis ont encore massacré des centaines d’afrikaners à Blaukraans. La haine anime les Afrikaners dans ce combat de « David contre Goliath ». La bataille sera rude mais contre toute attente, la supériorité zouloue sera battue par la fierté afrikaner. 3000 soldats zoulous seront tués lors de cette bataille qui vaudra à la rivière Ncome, le nom de rivière sanglante (Blood River) et un jour saint dans le nationalisme naissant afrikaner. Seuls 3 afrikaners avaient succombés aux assegaï zouloues.
La défaite à Blood River modifie les règles au sein de l’Empire. Mpandé, le demi-frère né en 1798, s’allie avec les vainqueurs. Clairement, il accepte de laisser s’installer les afrikaners sur ses terres ancestrales contre une aide militaire afin d’agir contre Dingane. En Janvier 1840, pourchassé par les troupes de Mpandé , Dingane est rattrapé et mis à mort. Mpandé peut enfin s’installer sur ce trône qu’il convoitait lui aussi depuis longtemps. Mais l’Empire zoulou s’est affaibli avec ces incessantes guerres civiles de succession. Pis les territoires octroyés aux afrikaners ne leur suffisent plus. Les frontières négociées sont piétinées. L’ennemi d’hier est l’ami d’aujourd’hui. Mpandé agacé par les actions de guérilla des Afrikaners demandent de l’aide aux anglais. Vu comme des barbares hier, les zoulous intéressent les anglais. Il faut dire que la récente découverte des diamants aiguise l’appétit de tous.



Si Mpandé a fait allégeance aux anglais, il n’en reste pas moins le Roi des Zoulous . Et toute dissidence est impitoyablement chassée. En 1843, il force les tribus rebelles à se réfugier dans les montagnes. Cela n’arrête pas le souverain qui annexe purement le Swaziland en 1852. Les Britanniques ne goutent guère ce geste d’indépendance et lui ordonne de se retirer des terres annexées. Mpandé se retirera immédiatement.
Son neveu Cetshwayo est peiné de voir comment l’empire zoulou est bradé au nom ‘un trône instable. Il n’apprécie pas plus les anglais que els afrikaners mais préfère jouer avec les premiers, les moins pires pense t-il. Né en en 1826, Cetshwayo s’est fait connaître des Zoulous en éliminant de la succession son potentiel rival Umtonga lors d’affrontements entre 1861 et 1865. Quoiqu’il en soit, c’est avec la bénédiction des anglais qu’il monte sur le trône de Mpandé décédé le 18 Octobre 1872. On y voit même le gouverneur en place assister à son couronnement le 1er Septembre 1873.
L’Afrique du Sud qui n’est pas encore connue comme telle a subit de profonds bouleversements tants géographiques qu’historiques depuis le Mfecane. Les Afrikaners ont quitté la colonie du Cap ; c’est le Groot Trek (grand voyage). Ils ont établis les Républiques du Transvaal et de l’Etat d’Orange libre. Port Natal est devenu une colonie britannique. Affrontements entre anglais et Afrikaners sont fréquents, entre Afrikaners eux-mêmes parfois. Au milieu, les différentes ethnies ngunis à qui personne ne demande leurs avis. L’empire de Mzilikazi s’est effondré. Ses successeurs n’ont pas su sauvegarder les frontières devant les appétits d’un seul homme, Cecil Rhodes. Quant aux zoulous, soixante ans de guerre civile ont achevé ce qu’il restait de glorieux du royaume de Shaka Zoulou.
A Londres, les rapports qui parviennent au Foreign Office sont alarmistes. Les Zoulous se réorganisent sous la houlette de leur nouveau souverain et se préparent à reprendre le chemin de la guerre afin de restaurer les frontières perdues. Cetshwayo a également crée des impis armés de fusils. Le 11 Décembre1878, le représentant britannique réclame des réparations face aux incursions des impis sur son territoire et pis va même jusqu’à exiger le désarmement des troupes zouloues. C’en est trop pour Cetshwayo qui décide depuis sa capitale, Ulundi, de bouter la perfide Albion hors de son Empire. Il sera bien tant d’en faire de même avec les Boers. Il est vrai aussi que le souverain zoulou n’avait guère apprécié le meurtre de deux jeunes filles zouloues échappées d’une chefferie par des soldats anglais en 1872.
Après un ultimatum de 30 jours, le corps expéditionnaire de Lord Chelmsford pénètre au cœur du royaume zoulou. Lord Chelmsford fait peu de cas des impis qu’il pense vaincre rapidement. Lord prétentieux et imbu de lui- même, Chelmsford recevra la leçon militaire de sa vie à Isandhlwana ce jour du 22 Janvier 1879. 20 000 impis zoulous vont infliger la pire des défaites de l’histoire militaire britannique dont les pertes s’élèveront a 1000 guerriers tués contre 1329 pour les anglais. A Londres, cette défaite n’est pas commentée. Le Premier Ministre a ordonné à la presse de se taire et de vanter les mérites de la victoire de Rorke's Drift du lendemain. A ce poste avancé de l’Empire Britannique, ce sont quelques 300 soldats de Sa Majesté et Askaris qui résisteront victorieusement à 4000 zoulous.
Les Zoulous s’offrent même le luxe de tuer un prince impérial le 1er Juin 1879. L’héritier des Bonaparte, Louis-Napoléon, engagé sous l’uniforme anglais, est tué par des zoulous en patrouille de 18 coups d’assegaï.

Il faut attendre Mai 1879 pour que les Britanniques se réorganisent militairement. Le 4 Juillet, Ulundi tombe. C’est une capitale incendiée que voit Cetshwayo rapidement envoyé en exil à Londres.
Le souverain exilé s’intéresse à son nouveau lieu de résidence. Il a encore la superbe des descendants de Shaka. Il sera reçu par la Reine Victoria, curieuse de voir celui qui a tenu tête à ses troupes. L’exil est dur mais souple. L’Empire Zoulou a été divisé en 13 chefferies le 1er Septembre. C’est bien connu, « diviser pour mieux régner ! » est un adage appliqué à la lettre par les anglais. De ces treize roitelets, il y’avait entre autres un des fils de Cetshwayo, UZibhebhu ka Maphitha (1841 - 1904) et John Dunn (1833-1885), un célèbre induna d’origine écossaise qui fut marié 48 fois et père de 117 enfants, proche des souverains zoulous dont il fut un loyal sujet. Bien des zoulous reprochaient à leur Nkosi d’avoir fuit le pays sans combattre et la succession au trône ouverte. Uzibhebhu entre en confrontation avec son frère Dini Zoulou dès 1882. Occupé à tenter de réduire à bas les Républiques Boers, les anglais ne peuvent se permettre d’avoir un nouveau front ouvert. Cetshwayo est renvoyé au Zoulouland et restauré sur le trône aussi vite qu’il en a été destitué. Le vieux Roi a bien du mal à se faire entendre de ses fils. Les deux princes ont recruté chacun des mercenaires boers pour les aider dans leur accession au pouvoir. Le 22 Juillet 1883, Cetshwayo réussit à s’échapper des troupes d’Uzibhebhu qui s’emparent d’Ulundi. Le souverain zoulou blessé se réfugie à Eshowe où il y meurt en Février 1884 (empoisonné ?).

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