histoiredelafrique


Aller au contenu

Menu principal:


Le Royaume du Dahomey

Bénin

C'est au début du XVIIième siècle que l'on trouve trace du premier souverain de Dahomey en la personne de Gangnihessou (autour de 1600 ou 1625). On sait peu de choses de ce souverain tout comme son réel titre. Il semble que son autorité dépassait celle de son village ou était-il considéré comme le descendant du Roi Danhomê (dans le ventre de Dan), qui fut tué par un autre prétendant à la couronne qui ne cessait de la harceler pour obtenir plus de terres constructibles de lui ?

Quoiqu'il en soit ce fut son frère Dakodonou qui lui succéda en 1620 en prenant le pouvoir alors que Gangnihessou était à l'extérieur du village (déjà à cette époque! ). Contrairement à son prédécesseur, il est considéré comme un véritable souverain. Son règne jusqu'en 1645 fut emprunt de violence et de brutalité inutile. Son neveu Aho Houegbadja lui succéda à sa mort. Avec lui le sens du Royaume du Dahomey prit son essor. Il construisit la capitale du royaume, Abomey (au milieu des remparts), édita les premières lois, forma un gouvernement avec qui il dirigea adroitement, codifia la religion et l'administration. Il forma même le premier corps militaire féminin (Ahosi = nos mères) que la colonisation allait bientôt surnommer les Amazones. Le royaume du Dahomey était né !
Son fils qui monta sur le trône en 1685 sous le nom d'Houessou Akaba héritait d'un royaume aux frontières sures que nul roitelet environnant ne songeait à remettre en cause. D'ailleurs, Houessou Akaba acheva les réformes de son père en instituant les rites du sacre au Dahomey. Il entreprit d'étendre son royaume en attaquant les royaumes yoroubas voisins (actuel Nigeria) mais cette guerre sanglante ne fut parachevée que par quelques succès. En 1708, il décède. Son frère Doussou Agadja lui succède. Le fils d'Akaba étant âgé seulement de 10 ans, son oncle décide d'accélérer sa prise de pouvoir. D'ailleurs le Prince Agbo Sassa sera exilé lorsqu'il réclamera son trône à sa majorité et nul ne songera à remettre en cause le pouvoir de son oncle.

Même si le souverain usurpateur agrandit de façon considérable le Royaume du Dahomey, il se vit contraint de payer un tribut annuel aux Yoroubas d'Oyo qui venait de le défaire lors d'une énième guerre territoriale. C'est aussi en 1733 que le souverain Dahoméen rencontra des commerçants hollandais venus négocier la libération de trois de leurs camarades pris en otage lors d'une attaque d'une ville voisine.





En 1740, son fils Tegbessou lui succède. A peine couronné, il annonce qu'il refuse de payer l'humiliant tribut au Royaume d'Oyo. Mal lui en prit, les Yoroubas réagirent rapidement et Tegbessou dut se plier lui aussi conte son gré au versement du tribut.
Pour compenser cette perte d'argent, Tegbessou se fit ardent défenseur de la vente d'esclaves aux européens qui le rétribuait avec des armes à feu. La côte du Dahomey devint une plaque tournante du commerce triangulaire. Tegbessou s'assurait ainsi une rente annuelle de 250000 Livres Sterling. En 1774, le souverain pouvait s'éteindre tranquillement tandis que son fils Kpengla lui succédait sur le trône. Commerce des esclaves et guerres de conquête (il détruisit entre autres le village d'Ekpe au Nigeria) furent les credo de son règne. Son fils qui fut intronisé en 1789 sous le nom d'Agonglo fut le souffle dont avait besoin le Royaume. Il baissa les impôts, réforma la monnaie, le mode de parcelles cultivables et prit pour épouse secondaire, une métisse issue d'un hollandais. Ses rares victoires accrurent le prestige de la monarchie

En 1797, Dandozan son fils lui succéda. Considéré comme le neuvième roi de la dynastie, son nom a pourtant été effacé de l'histoire du Dahomey. Faible et mauvais guerrier, Dandozan vendit son frère et sa mère en esclavage, tenta de faire de même avec ses ministres quand il ne jetait pas ses hyènes apprivoisées sur des gens de son peuple allant même à ouvrir le ventre de femmes enceintes après avoir parié sur le sexe du fœtus. La folie, la cruauté étaient maîtres au Dahomey. Ne dit-on pas que le vaudou était son seul Dieu…


Une opposition à son règne fit surface et certains membres de l'aristocratie se sauvèrent auprès du frère du souverain, Ghezo. Ce dernier avait réussi à se réfugier vers la ville de kana et s'y était installé. Grâce à un commerçant brésilien qu'il avait fait évadé des geôles de Dandozan, il opéra un véritable coup d'état en 1818 se débarrassant de l'encombrant souverain. Francisco Félix de Souza, le fameux brésilien qui l'avait aidé dans cette prise du pouvoir reçut d'importantes charge au sein du gouvernement et ce jusqu'à son décès en 1849 où ses fils en hériteront.

Ghezo continua le prospère commerce des esclaves mais prévoyant une éventuelle fin à cette lucrative marchandise ordonna que l'on multiplie les parcelles d'agriculture afin de pourvoir à un éventuel manque d'argent. Militarisant à outrance son royaume, il mit fin définitivement au paiement du tribut au Royaume d'Oyo et repoussa toutes leurs attaques bien et en perdit la vie en 1858.

Son fils Glele pouvait se reposer sur les lauriers de son père, entrepris de le venger néanmoins et de continuer malgré tout le commerce des esclaves. Si il signa un traité avec la France le 19 Mai 1868, cédant Cotonou aux européens, il refusa toujours de recevoir des émissaires anglais qui venaient d'interdire le commerce de l'esclavage sur les côtes. Commerce qui vit son déclin dès lors que les navires britanniques attaquèrent sans relâche les navires esclavagistes depuis le Nigeria.




Le 29 Décembre 1889 sur son lit de mort, il enjoint son fils le Prince Kondo de résister aux Français qu'il trouve désormais trop gourmand. En 1861, les Anglais attaquèrent la ville de Porto Novo (anciennement Hogbounou mais rebaptisée en 1782 telle quelle par les Portugais) mais celle-ci appela à l'aide les Français qui s'empressèrent de fortifier la ville. Cette annexion de fait déplut fortement au souverain qui continua de percevoir les impôts du à son royaume de Porto Novo. Lorsque après 1882, le Roi de Porto Novo renouvela la protection demandée au Français, les forces armées du Dahomey fondirent sur la ville. En Mars 1889, le souverain se heurta aux Français lorsqu'un de ses détachements envoya la tête décapitée d'un chef de village dans le drapeau français aux autorités coloniales.

Le Prince Kondo, âgé de 45 ans, prit le nom de Béhanzin. Chargé de négocier la reddition des Français, le Prince repartit bredouille non sans avoir avertis que les Français se fortifiaient dans Cotonou et que des troupes sénégalos- gabonaises avaient fait leur apparition dans la ville. Le 21 Février 1890, les ambassadeurs Fon du Dahomey furent mis en prison. Le 5 Mars, Béhanzin et son armée mirent le siège devant Cotonou. La guerre durera jusqu'au 3 Octobre 1890 sans que le souverain n'est pu reconquérir son honneur perdu. Le traité d'Ouidah fut humiliant. Il perdait ses droits coutumiers sur Porto Novo en échange d'une rente annuelle de 20 000 francs et voyait son royaume amputé de ses côtes. La Colonie du Dahomey était née.

Béhanzin n'était pas homme à renoncer si facilement. Il mit deux ans à se préparer afin de recouvrer son indépendance. En 1892, les soldats de Béhanzin s'emparent des villages près de Porto Novo afin de sécuriser ses frontières. Les Français prennent ce prétexte pour lui déclarer la guerre. Des nouvelles alarmantes (largement exagérées) de sacrifices humains et d'esclavage étaient venues aux oreilles du gouvernement français qui avait donné l'ordre de soumettre le Royaume Dahoméen. Les affrontements feront rages durant deux ans. L'armée française a fort à faire avec le corps féminin du Roi Béhanzin. Le Colonel Alfred Dodds, en charge du corps expéditionnaire français, finit par prendre Abomey le 17 Novembre 1892. Béhanzin doit s'enfuir et continuer la résistance.

Epuisé par tant de vains combats, Béhanzin accepte de rendre les armes le 25 Janvier 1894. Les autorités coloniales décident de l'envoyer en Martinique le 30 Mars avec sa famille afin de réduire au silence les derniers fidèles de la monarchie béninoise défunte. D'ailleurs, les autorités coloniales avaient installé à sa place sur le trône le Prince Agoli Agbo, frère de Béhanzin. Le Prince n'avait pas fait de difficultés pour accepter le pouvoir. Les Français avaient décidé de restaurer la monarchie en faveur du premier Prince qui accepterait de signer la reddition.
Souverain de pacotille car de l'armée de Béhanzin, il n'en reste guère que quelques guerriers à qui on a octroyé le port de lances, les arme à feu ayant été interdites par les colons. L'administration coloniale entendait se passer du souverain sur du court terme. Le 12 Février 1900, Agoli Agbo était promptement destitué et envoyé en exil au Gabon. Nul ne songea à protéger le souverain. Officiellement, l'autorité coloniale prenait possession du Royaume du Dahomey et abolissait la monarchie béninoise.
Béhanzin est exilé en Algérie où il y décède le 10 Décembre 1906. Agoli Agbo reviendra en Dahomey en 1918 mais ne retrouvera aucun pouvoir. Les autorités coloniales autoriseront en 1928 le retour de la dépouille du Roy, nul hommage ne lui sera rendu.

Le Dahomey obtiendra son indépendance le 1er Août 1960. Transition démocratique facilité par les autorités coloniales. Une République avec un triumvirat présidentiel à sa tête est installée. Ce régime particulier au Dahomey sombrera vite dans l'anarchie politique et il faudra attendre le coup d'état du Général Mathieu Kérékou (né en 1933) le 26 Octobre 1972 pour que la situation du pays soit rétablie.
Trois ans plus tard, le Général Kérékou mettait fin à la République du Dahomey et remplaçait par celle-ci par la République (marxiste) du Bénin, en hommage au grand Royaume Nigérian voisin. Le pays vivra sa transition démocratique en Mars 1991 avec l'élection de Nicéphore Soglo à la tête de la République. L'actuel souverain du Dahomey est le Roi Agboli Agbo II Dedjlani, âgé de 54 ans et ancien policier à la retraite, depuis le 30 Septembre 1989.
En 2005, la famille royale a chargé le Consul honoraire du Bénin de retrouver la tombe du prince héritier et fils du Roi Béhanzin, Arini Ouanilo, enterré quelque part à Bordeaux où il s'était réfugié en 1906 à la mort de son père. Né en 1886, le Prince avait suivit son père dans l'exil en 1894 avant de lui succéder comme souverain titulaire du Dahomey. Ayant réussi à devenir avocat ; il obtient le droit de pouvoir ramener les cendres de Béhanzin en Mars 1928 au Bénin, c'est lors de son voyage de retour que le Prince héritier contracte une congestion pulmonaire. Mort le 3 Octobre 1928, sa dépouille a été rendue au Bénin en Septembre 2006 pour des funérailles nationales.

ACCUEIL | VU SUR LE NET | Ouganda | Côte d'Ivoire | Ethiopie | Rwanda | Burundi | Madagascar | Ghana | Bénin | Angola | Tanzanie (Zanzibar) | Centrafrique | Afrique du Sud | Lesotho | Lybie | Swaziland | Egypte | Tunisie | Plan du site


Ce site ne soutient aucun mouvement politique quelque soit sa nature et n'a qu'un but historique, merci de votre compréhension | draken291@hotmail.fr

Retourner au contenu | Retourner au menu