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Le Royaume Ashanti aux Akans de la Côte d'Ivoire

Ghana

La chute de l’Empire (dit) du Ghana au XIIIème siècle entraîne les migrations des différents clans du groupe Akan vers l’Ouest profond de l’Afrique et celles-ci s’installent dans des terres occupées en échange de tribus aux potentats locaux.
Et les Ashantis n’exceptent pas à cette dure loi du tribu. Cohabitant tant bien que mal avec les guerriers Denkyira, ils ont fait de Koumassi le centre de leur petit royaume et dont tous jalousent l’art de ses forgerons de façonner l’or. Le marché aux esclaves est intense à Koumassi et les européens présents sur la côte depuis 1600 ont tôt fait de comprendre l’importance de ce royaume.

Les Hollandais, qui ont chassés les portugais, poussent le souverain Ashanti, Oseï Koffi Tutu, de se détacher de la lourde tutelle des Denkyira. Roi depuis 1675, il a succédé à son oncle Obiri Yeboah . Il commerce avec les européens depuis longtemps et en échange d’esclaves, il a réussi à amasser assez d’armes à feu pour entreprendre une guerre de libération contre les Denkyira. Il s’entend avec les différents clans ashantis autour de Koumassi, les fédèrent et lancent son armée à l’assaut du royaume Denkyira à Feyiase. En 1701, il est définitivement victorieux de ses adversaires et en récompense, il est couronné Asantehene (Roi) des Ashantis.

Un nouvel empire est né ! Et avec tout conquérant qui se respecte, Oseï Tutu n’échappe pas à la légende divine qui accompagne sa victoire. En récompense de celle-ci, les cieux s’ouvrirent et un Tabouret d’Or vint se déposer sur les genoux du nouveau souverain, en présence de ses vassaux. Preuve était faîte que Nana Oseï Tutu était bien l’Asantehene de la Confédération royale des Ashantis.
Ainsi divinisé, le souverain fit en sorte que le siège d’or, symbole de son pouvoir ne touche pas le sol. Il en fut ainsi de chaque Asantehene qui devait se succéder jusqu’à nos jours. A chaque intronisation, le souverain désigné serait élevé au dessus du Tabouret d’Or et ne devrait pas le toucher. Le pouvoir de la terre rejoignant celui du ciel à travers son souverain temporel.

En dehors de cette légende qui rythme l’histoire des souverains ashantis, se trouvait également la présence d’un féticheur du nom d’Okomfo Anokye qui aux côtés d’Oseï Tutu contribua largement à répandre cette croyance. Que l’on croit ou non à la magie des féticheurs, il n’en demeure pas moins que les Ashantis venait de placer leur nom au centre de l’histoire.




Oseï Tutu survivra encore seize ans à son empire. Sa mort (tué sur son palaquin) durant le conflit contre les Akyem ouvre pour le royaume une période de régence. Le nouveau Asantehene, Opoku Ware Ier, est seulement âgé de 17 ans lorsqu’il accède au pouvoir. Son règne jusqu’en 1750 ne sera que luttes armées afin d’agrandir les frontières de l’Empire (annexion du royaume musulman de Bono). Et pas toujours avec succès d’ailleurs. En 1742, Koumassi sera mise à sac par l’ennemi Sefwi avant d’être reprise. Opuku Ware mort, une rébellion éclater lorsque son cousin Daakou réclame le trône. Battu et tué par le souverain désigné (et ci devant cousin), Nana Kusi Oboadum, ses partisans se réfugient dans l’actuelle Côte d’Ivoire conduits par la sœur de Daakou, la Reine proclamée Abla Pokou.
Poursuivie par les soldats de Kusi Oboadam, elle est stoppée dans sa fuite par le fleuve Comoé en cru.

De nouveau la légende se mélange à l’histoire. Le génie du fleuve apparu et lui promit un passage sauf si elle acceptait de sacrifier son fils et héritier unique. Bouleversée, Abla Pokou avait la lourde charge de protéger tout un peuple qui avait placé sa confiance en elle. Elle donna son fils au génie aquatique et un pont d’hippopotames apparu immédiatement. Les Ashantis purent ainsi traverser le Comoé et ne plus craindre les soldats de l’Asantehene.

En pleurs alors que les hippopotames disparaissaient sous les eaux tumultueuses du fleuve, Abla Pokou se retourna et cria « Baouli », l’enfant est mort ! En hommage au garçonnet, les Ashantis en fuite prirent le nom de Baoulés. Affaiblie et malade par cette fuite en avant, Abla Pokou décéda en 1760, laissant sa nièce Akwa Boni établir son propre royaume en Côte d’Ivoire. Rapidement, la nouvelle souveraine Akan établit les frontières de son royaume en soumettant les tribus avoisinantes, faisant de Sakassou (lieu de sépulture) sa capitale.

Si l’exode est bien relaté dans l’historiographie des Ashantis, cette légende ressemble à s’y méprendre à celle de Moïse fuyant les Egyptiens. Devenu chrétiens, les Baoulés auraient-ils mélangé à travers les siècles mythes polythéistes et bibliques. Il n’y’a qu’un pas que certains n’ont pas hésité à franchir. La légende a aussi diverses versions comme celle d’arbres se couchant pour former un pont après le sacrifice de l’enfant royal puis se relevant afin d’engloutir dans ses feuillages les soldats de l’Asantehene.
Quoiqu’il en soit cette scission dans l’empire Ashanti va poser les futurs jalons de la Côte d’Ivoire et dont l’un des Baoulés les plus connus, Félix Houphouët- Boigny, donnera l’indépendance en 1960.

Le début du règne de Kusi Oboadam se fait donc dans un contexte difficile. Le sud de l’Empire est en révolte, les routes commerciales ne sont plus protégées, la noblesse Ashanti peine à le reconnaître tant il est bien différent du fondateur de l’Empire. Efféminé, buveur invétéré, noceur, l’Asantehene est détesté.

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