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Maroc
Connu sous le nom de Protectorado Español de Marruecos , le protectorat espagnol fit établit par le traité de Fez en en 1912 et comprenait le Nord du Maroc (capitale Tétouan) et les villes de Ceuta (depuis Septembre 160) et Melilla (depuis 1497) auxquels s’ajoutera brièvement Tanger lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Fort de son histoire musulmane, l’Espagne maintint le système des Cadis (juges) sur lesquels elle reposa son pouvoir. Le commerce tenu par la communauté juive sépharade put se développer bénéficiant des mêmes avantages que leurs confrères espagnols. Mais tous n’acceptèrent pas aussi facilement cette occupation notamment les Rifains sous la conduite du lettré Abedlkrim, déjà connu des autorités espagnoles pour avoir conspiré avec le Consul allemand durant la première guerre mondiale. Emprisonné de 1916 à 1917, Abdelkrim se réfugie par la suite parmi les tribus berbères qu’il va soulever avec l’espoir de fonder une République (ceux qui ne se soumirent pas, furent massacrés ou réduit en esclavage)
Devant 5000 insurgés, l’Espagne alignera plus de 14000 soldats lors de la bataille d’Anoual le 21 Juillet 1921. Habitué aux manœuvres militaires, Abdelkrim va déjouer toutes les tentatives du Général Manuel Fernández Silvestre et tailler littéralement en pièce le contingent espagnol, lui laissant tout le temps de récupérer plus de 20 000 fusils, 400 mitrailleuses et autres canons de divers calibres (200) et 2 avions sur le champ de bataille. Sous le regard de 1000 espagnols capturés (le Général Manuel Fernández Silvestre s’est suicidé), Abdelkrim peut proclamer sa république confédérée des Tribus du Rif (Février 1922) dont il devient le 1er Président.
Dans le Protectorat français, on commence à s’inquiéter des événements qui agitent le territoire espagnol. D’autant plus qu’à cours terme, la monarchie espagnole va être victime de cette défaite militaire et laisser installer à Madrid une dictature revancharde en 1923. Le Maréchal Lyautey envoie alors un contingent supplétif pour mater la rébellion. En 1925, après avoir piétiné dans le Rif, les armées françaises sont obligés de se replier sur Fez . Lyautey devient alors une autre victime collatérale ce conflit et se voit rappeler définitivement en France. La IIIième République dépêche alors son héros de Verdun (1916), le Maréchal Philippe Pétain. Ce dernier rencontre le dictateur espagnol, Miguel Primo de Rivera , et obtient son accord pour que tous « les moyens soient utilisés » pour mettre fin à la guerre. L’aviation franco- espagnole va alors déverser sur le Rif des tonnes de produits chimiques sur des populations surprises. On dénombrera plus d’un millier de morts forçant Abdelkrim à négocier sa reddition (26 Mai 1926), la mort dans l’âme.
Envoyé en exil à La Réunion, il s’établira sur la Côte d’Azur en 1947 avec l’autorisation des nouvelles autorités républicaines. Abdelkrim est resté comme le 1er héros nationaliste de l’histoire de l’Afrique du Nord (d’ailleurs l’Egypte de Farouk lui fera une ovation).
Le Maroc va encore secouer l’histoire de l’Espagne car c’est depuis son territoire que le Général Francsico Franco va lancer ses troupes contre la République espagnole (1936). Terrain de jeu des idéologies de l’entre deux guerres, le Parti Communiste Espagnol (POUM) tentera en vain de soulever le Protectorat contre Franco. D’ailleurs sous le régime de Franco, le Protectorat n’aura pas à souffrir de la dictature. Le Généralissime s’était souvenu que ses premiers alliés avaient été les troupes marocaines (une presse d’opposition put critiquer Franco sans subir les foudres de la censure ou les représailles de la police franquiste). D’ailleurs le Sultan Abdelaziz IV réfugié à Tanger aura autour de lui son carré de fidèles sans être inquiété par les autorités locales et ce jusqu’à sa mort en 1943.
Après la Seconde Guerre Mondiale, c’est Abdelkhalek Torrès (1910 - 1970), leader du Parti de la Réforme nationale qui mène la campagne pour la fin de l’occupation espagnole au Maroc. Malgré la fin du protectorat français en 1956, l’Espagne se refuse à évacuer ses possessions. Le 10 Octobre 1957, excédé les marocains manifestent à Ifni.. Le gouvernement espagnol envoie immédiatement sur son territoire (divisé entre la région du Sahara et celle d’Ifni) deux bataillons de soldats réprimer violemment ces émeutes. En réponse, le gouvernement marocain pénètre dans la colonie espagnole le 23 Octobre et entame sa guerre de libération et coalise involontairement les tribus sahraouis du désert (Armée de Libération Marocaine/ALM). L’Istiqlal qui un an auparavant avait dessiné une carte du Grand Maroc (qui allait de la Méditerranée au fleuve Sénégal) lance une série de manifestations à Casablanca en faveur de la réunification.
Néanmoins, l’ALM ne semblera pas faire l’unanimité au sein du gouvernement royal comme en témoignera cette dépêche de l’AFP (1957) : « Répondant au désir de Sa Majesté Mohammed V relatif au retour au calme et à la stabilité, (…) l’Armée de libération se devait de cesser toute action que les circonstances l’avaient obligée jusqu’ici d’entreprendre pour assurer le maintien de la sécurité publique. Dorénavant, il appartient au gouvernement de Sa Majesté, qui a pris en main les pouvoirs nécessaires, d’assurer ses responsabilités et d’accomplir les tâches qui lui incombent ».
Cependant débordée par les Saaraouis et l’Armée Royale Marocaine, l’Espagne se voit contrainte en Février 1958 de faire appel à la France qui envoie un contingent de 5000 hommes aider les 9000 franquistes à reprendre leur position (Opération Ecouvillon- Ouragan). Le 2 Avril 1958, le Maroc est obligé de signer le Traité d’Angra de Cintra où elle obtient à peine la Zone Sud du protectorat Espagnol, celle de Tarfaya (33 000 Kilomètres carrés).
Lorsque le Maroc obtint son indépendance, l’Espagne se résolut à rendre les territoires qu’il occupait à l’exception du Sahara, de Ceuta (18 Km2), Ifni et Melilla (14 Km2). Abdelkhalek Torrès sera nommé Ministre de la Justice par le Roi Mohammed V.