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Afrique du Sud
Ancien Premier Ministre du Bantoustan du Kwa Zoulou, Indunankulu weSizwe samaZulu (Premier Ministre de la Nation Zouloue), leader incontesté de l’Inkhata (il revendique un million de membres sur les 8 millions de zoulous recensés) et quelque part véritable souverain du Royaume, Buthelezi tient le rôle de premier opposant de la majorité noire. Il tentera de s’opposer au vote de la nouvelle constitution en 1995. Reconduit à son poste après les élections générales de 1999 (l’IFP obtint 8% des voix et 34 sièges) au no du consensus politique, Buthelezi est forcé à la démission en 2004. En conflit avec le Président élu Thabo Mbeki sur la loi d’immigration du pays qui devait être votée, son parti ne recueillant plus que 6% des voix et 28 sièges, Mangosuthu Buthelezi dut se retirer. L’image du Kwa Zoulou se trouva fortement secouée par des affrontements incessants entre partisans Zoulous de l’ANC et ceux de l’IFP.
L’ANC prit finalement le contrôle de la province en 2004 suite à des élections difficiles. Seul 8 sièges séparèrent les deux partis (38 sièges pour l’ANC contre 30 à l’IFP) au Parlement. L’IFP tenta une alliance de circonstance avec le parti de l’Alliance Démocratique mais les 7 sièges obtenus ne lui permirent pas de retrouver sa place de leadership.
Mangosuthu Buthelezi demeure toujours une figure incontournable de la politique sud-africaine. Cependant, la nouvelle génération post- apartheid lui conteste son traditionnel leadership au profit d’autres candidats comme le controversé Jacob Gedleyihlekisa Zuma (né en 1942), ancien Vice- Président (1999-2005) et actuel Secrétaire Général de l’ANC (depuis 2007). Quant au Roi, qui demeure dans ses capitales d’Ulundi et de Kwa Nongoma, il reste un gage d’unité aux yeux de la nation zouloue qui lui voue un profond respect et de crainte (en Septembre 1994, il annonçait rompre ses liens avec son ancien Premier Ministre). Dernièrement les dépenses liées à sa liste civile furent au centre d’une polémique parlementaire.
Lors des dernières élections générales Mai 2009, qui ont vu la victoire de Jacob Zuma à la tête du pays, le mouvement de Buthelezi a subi un grave revers politique. Si l’IFP a pu maintenir 18 députés au Parlement, son score électoral n’a pas dépassé les 5% au niveau national. Le Kwa Zoulou n’est d’ailleurs plus désormais gouverné par un membre de l’IFP mais par celui de l’ANC.
La culture Zouloue basée sur un régime patriarcal et agricole a été largement popularisée par la série télévision Shaka Zulu (1986) et par le chanteur engagé, Johnny Clegg (né en 1953) dont la chanson Asimbonanga (1987) a résumé à elle seule le combat constant des mouvements sud africains noirs de libération à travers l’emprisonnement de Nelson Mandela. Une des onze langues officielles de l’Afrique du Sud, le prestige des Zoulous a largement dépassé les frontières de l’Afrique Australe. Durant la guerre civile au Congo Brazzaville, une milice gouvernementale pris le surnom des fameux guerriers. A noter que les différentes versions du « Lion est mort ce soir » trouve son origine dans la chanson M’Bube. Elle fut chantée en 1938 pour la première fois par Solomon Linda (1909-1962) qui rendait hommage aux chasseurs zoulous.
Il y’a des sujets encore tabous en Zoulouland. En effet, les prises de position sur le SIDA et l’homosexualité par certains officiels zoulous ont fait grincé des dents plus d’une personne des diverses associations de la société civile d’Afrique du Sud notamment avec le SIDA, considéré comme fléau national. La société Zouloue étant l’une des plus polygame d’Afrique Australe, elle se retrouve particulièrement touchée pour les statistiques liées à l’évolution de cette maladie incurable. La danse de la pluie (appelée Umhlanga et également présente dans tradition swazis) est l’objet régulièrement de polémique chaque année. En effet, si la danse à l’origine devait encourager l’abstinence sexuelle chez les jeunes zoulous, il n’en reste pas moins que les tests de virginité que les jeunes filles doivent subir restent sujet à caution.
Le modernisme croissant dans la province du Kwa Zoulou – Natal, l’échec du désarmement des milices et autres anciens combattants de l’ANC a entraîné une hausse de la criminalité notamment dans les townships avoisinants.
En 2007, une ré- africanisation des noms s’est effectuée à travers toute la province afin de rendre hommage aux divers héros de la libération tant issue des mouvements zoulous que ceux de l’ANC. Non sans contestations d’ailleurs.