Menu principal:
CAMEROUN
Le 20 Mai 1972, Ahmadou Ahidjo met fin à la République Fédérale par référendum. Le Cameroun devient alors une République une et indivisible. Mais au-delà des formules de papier, les divisions ethniques demeurent. Afin de palier à ce problème, Ahidjo instaure le principe du parti unique et ordonne que le pays adopte le " libéralisme planifié " comme nouvelle doctrine (1965). Fortement interventionniste et nationaliste, cette doctrine qui se veut un pont entre le capitalisme et le socialisme va se révéler désastreuse et plonger le pays dans le surendettement en moins de 10 ans. Enfin, un deuxième référendum en 1975 favorise la création d'un poste de Premier ministre en lieu et place à celui de Vice Président, réservé jusque là aux anglophones.
Le pouvoir d'Ahmadou Ahidjo relève plus du régime autoritaire que de la dictature. Mais sa mainmise sur les institutions du pays fait craindre une dérive de son pouvoir personnel. Le 4 Novembre 1982, Ahidjo annonce subitement sa démission au pays. Cette démission surprise a été l'objet (et ce encore aujourd'hui) de divers débats. Il est difficile de savoir ce qui ou quoi a réellement pousser le fondateur du Cameroun moderne à se retirer du pouvoir mais quoiqu'il en soit, ce départ va favoriser l'accession à la présidence du Premier Ministre Paul Barthélemy Biya'a Bi Mvondo (plus simplement appelé Paul Biya)
Né le 13 février 1933 dans le Sud du pays, ce chrétien dont son père voulait faire un séminariste se passionne pour les événements de son pays. A l'heure de l'indépendance, il est rapidement repéré par Ahidjo qui en 1962 le nomme chargé de mission à la Présidence de la République puis en 1968, ministre secrétaire général à la Présidence et enfin Premier Ministre.
Son arrivée au pouvoir est un signe de détente pour le pays. Mais le monopartisme n'est pas aboli pour autant. Pis le 6 Avril 1984, une tentative de coup d'état éclate dans la capitale, Yaoundé. La garde présidentielle, essentiellement nordiste, se mutine. Il faudra plusieurs heures avant que l'armée loyaliste n'en vienne à bout. Accusant Ahidjo d'être à l'origine de ce putsch, le ton du gouvernement se durcit et tous éléments nordistes sera plus ou moins écartés des hauts postes de fonctionnaires. Ce putsch reste tout aussi inexpliqué que la démission du Président Ahidjo. Biya faisait alors tout ce qu'il fallait pour honorer la mémoire de son prédécesseur allant jusqu'à se déplacer dans la province du Nord pour expliquer le geste d'Ahidjo. Après ce putsch, l'Union Nationale Camerounaise est dissout et sur ses cendres, Biya fonde le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) qui va rythmer la vie des camerounais jusqu'en 1991. Ahidjo sera interdit de territoire. Condamné par coutumace, Ahmadou Ahidjo meurt le 30 Novembre 1989, âgé de 65 ans.
Des émeutes éclatent dans tous le pays au début des années 90. Le Cameroun anglophone conduit par John Fru N'Di (né en 1941) réclame plus de libertés et le retour au multipartisme. Contraint à accepter la fin du monopartisme pour conserver son pouvoir, Biya organise des élections pluralistes en 1992 qu'il remporte d'une courte tête face au Social Democratic Front ( 39% face à 35% pour Fru N'Di).
Des émeutes éclatent en pays anglophone et l'état d'urgence doit être proclamé. On y envoie même l'armée assurer le contrôle des provinces " rebelles ". Le RDPC remportera les élections municipales de Janvier 1996 sauf à Douala qui a voté pour le SDF. Enfin le 22 Septembre 2002, une vingtaine de candidats SDF font leur entrée au parlement qui compte 180 sièges. Une revanche pour la démocratie et les anglophones, laissés pour compte de la vie politique du pays selon leurs dirigeants.
En 2010, le pays connaît un calme relatif et fait du Cameroun, un pays des plus stable du Golfe de Guinée. Paul Biya a été réélu Président en 2004 et a devant lui une opposition plus que divisée. Même au sein du SDF, Fru N'di (17% aux élections présidentielles de 2004) , les querelles internes du pays ont eu raison du SDF. Le " Chairman " doit faire face à une dissidence tant à l'intérieur de son mouvement qu'à l'extérieur. Le 3 Avril 1993, des indépendantistes publient la déclaration de Buea qui réclame ouvertement le retour aux frontières avant le référendum de 1961. En 1994, le Southern Cameroon National Council est fondé et prône la sécession.. Le 31 Décembre 1999, le Juge Ebong Frederick Alobwede déclarait l'indépendance du Sud Cameroun via un message à la radio et dont 99% des 315 000 habitants de la province aurait approuvé par un référendum local (?).Naturellement le gouvernement camerounais refusa de reconnaître cette proclamation de la République d'Ambazonie et emprisonna les leaders du mouvement dès Mai 2000.
Afin de contenter les populations anglophones du pays, le Premier Ministre est désormais issu de leurs rangs.
Un litige frontalier avec le Nigeria et concernant la péninsule pétrolière de Bakassi a été réglé en 2008 après des années de tensions armées.