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La Tunisie de l'antiquité aux Vandales

Tunisie

L'histoire moderne de la Tunisie ne commence ni avec la dynastie des Husseinides ni avec la colonisation française de l'Afrique du Nord mais bien par la puissance d'une fabuleuse cité antique qui tint en respect durant des années les armées terrestres et navales de Rome.
Carthage la fabuleuse cité thalassocratique régna sur la méditerranée et fut certainement la ville fondatrice du futur état tunisien. Fondée en 814 av JC par des Phéniciens, originaires de Tyr, Carthage (voulant dire nouvelle cité) se dota rapidement d'une administration indépendante sous le règne de la Reine Dido (ou Elisa, Alissa ?). Mais réelle ou pas que fut cette souverain (selon la légende, elle se serait suicidée par amour du Prince Troyen Enée dont les Dieux de l'Olympe avait ordonné le départ après le saccage de Troie par les Grecques) elle allait devenir une véritable héroïne pour la cité qui fit trembler Rome jusque sous ses murs. Pourtant tout ne sera pas que guerres avec la cité de Romulus. Un traité commercial fut signé entre les deux cités en 509 Av JC et les échanges emprunts de cordialité se muèrent en rapports de méfiance.
Les luttes d'influences autour de la Sicile, véritable carrefour commercial et enjeu économique entre les deux cités se transformèrent en une véritable guerre navale (246 à 241 Av JC). Messine prise par surprise par les Carthaginois qui voulait s'assurer du plein contrôle de la Méditerranée furent très vite chassés par les Romains qui n'appréciaient guère la menace pesante sur leurs ports. Ainsi commença le début de la trilogie des guerres dites puniques et par la défaite des Carthaginois. Loin de s'apaiser, le ressentis Carthage contre Rome s'accru avec le temps. L'esprit revanchard incarné par les Généraux de la cité thalassocratique reprend le dessus et le siège de Sagonte fut le deuxième prétexte d'une guerre avec Rome qui estimait que cette cité africaine avait violait le traité de 241 Av JC. Mais cette fois-ci (218 Av JC) l'armée du Général Hannibal Barca (247 à 183 Av JC) parvint à traverser, difficilement, les Pyrénées et les Alpes avec ses 37 éléphants de guerre (dont la moitié décédera au cours de cette traversée) et ses 50 000 fantassins.
Rome s'affola de voir Hannibal menacer la cité impériale. Pourtant, très curieusement, Hannibal renonça à mettre le siège devant la ville. L'eut- il eut fait que Rome aurait pu devenir carthaginoise et appartenir à l'histoire tunisienne. La bataille de Zama (202 Av JC) mit fin aux rêves du grand Hannibal. Son attentisme lui coûta une brillante carrière militaire et avec lui la vision de Carthage. Il se suicida en 183 Av JC. Malgré cette humiliante défaite et la perte de la Sardaigne et la Corse (que Rome a profité pour annexer durant la révolte des mercenaires de Carthage), la destruction de sa quasi flotte armée, Carthage continua de prospérer. Et Rome ne le supporta pas. Caton l'ancien dans une oraison au Sénat romain restée célèbre prononça ces mots qui scellèrent le destin de la cité : Delenda Carthago Est (il faut détruire Carthage). En 149 Av JC, Carthage fut soumis à un siège des plus sévères. La cité tomba trois ans plus tard, sa population massacrée, ses villas détruites et du sel fut lancé sur les ruines fumantes de Carthage afin que rien n'y puisse y repousser après 17 jours d'incendie.
Ce fut d'ailleurs à l'occasion de cette troisième guerre punique qui mit fin que Rome décida de créer sa première colonie romaine (soit 25000 km2) dans cette partie de l'Afrique qu'elle nomma tout simplement Africa. De là, l'impériale Rome va progressivement se lancer à la conquête de tout le bassin méditerranéen africain jusqu'à la prise de l'Egypte par Jules César. Ce fut l'historien africano- romain qui déclara à cet effet : " l'Afrique fut le prix de la victoire et le monde ne tarda pas à suivre le sort de l'Afrique"
En 29 Av JC, Carthage fait l'objet d'une recolonisation par Rome. Le temps efface les souffrances de la guerre.
Enfin en 40 après J.C., l'Empereur Caligula met fin brutalement aux jours du dernier lagide d'Egypte et Roi de Maurétanie en le faisant assassiner à Lyon. Dès lors, la Tunisie qui n'était qu'une province parmi tant d'autres va progressivement renaître de ses cendres dans l'ombre des autres grandes citées romaines africaines (Volubilis, Caesearia, Leptis Magna, Thapsus…)et de la réforme de l'Empereur Dioclétien qui crée deux grandes provinces (civile et militaire) . Rome a cessé de " veiller sur la dépouille " de Carthage.
La période d'anarchie qui s'étale sur tout le IIIième siècle met l'Afrique romaine de plein pied dans la politique tumultueuse de l'Empire. Les légions africaines stationnées de part et d'autres de l'Impérium se soulèvent les unes après les autres et soutiennent tels et tels candidats au poste si convoité d'Empereur. En 238 après J.C. , excédé par la pression fiscale la ville de Thysdrus assassine son procureur sur place et proclame le Sénateur proconsul Gordien et son fils Empereur. Les partisans de l'Empereur Maximin se regroupent avec à leur tête le Sénateur Capellianus, gouverneur de Numidie. Hérodien dans son Histoire des Empereurs Romains de Marc-Aurèle à Gordien III, écrira " Capellianus, entré dans Carthage, fit périr tout ceux des premiers citoyens de cette ville qui s'étaient échappés du combat. Il n'épargna point les temples, qu'il pilla, ainsi que toutes les fortunes privées et les trésors publics. Il parcourut ensuite les autres cités qui avaient renversé les statues de Maximin, punit de mort les principaux habitants et de l'exil les citoyens obscurs "
La victoire de Gordien III, sa proclamation à la tête de l'Empire redonnera la stabilité au Nord de l'Afrique qui s'apprête bientôt à répondre favorablement aux sirènes du christianisme naissant dont Carthage se voudra la capitale. Et l'invasion des Vandales en 429 sonna le glas de Rome en Afrique.

Traversant le détroit de Gibraltar, les Vandales débarquèrent sur le sol africain de la future Tunisie. Après 10 ans de luttes, les Vandales s'installèrent à Carthage ressuscitée et en firent la capitale d'un nouveau royaume. Cette invasion ne fut guère appréciée du clergé chrétien local qui voyait en ces adeptes de l'Arianisme des infidèles que le Concile de Nicée avait déclaré hérétiques. Une politique d'arianisation fut alors entamée par les Vandales qui humilièrent le clergé chrétien par de lourdes taxes ou d'autres privations foncières. La torpeur et la douceur tunisienne affaiblirent le royaume Vandale qui confia la sécurité de leur défense militaire à des troupes berbères. La défaite contre les Byzantins en Décembre 533 mit fin à l'état Vandale en Afrique du Nord. Dès lors, Carthage et ses frontières se virent incorporés dans l'Empire Romain d'Orient qui fit de l'ancienne capitale punique, un exarchat. Mais en 698, Byzance ne parvint pas arrêter la pénétration arabe et la face de l'Afrique s'en trouva bien changée.

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