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La Révolution de Jasmin

Tunisie

Il s'agissait normalement du dernier mandat du Président Ben Ali, atteint par la limité d'âge imposée lors de la révision de la constitution et approuvée par référendum le 26 Mai 2002 avec 99.5% des voix.
Lors de la première élection pluraliste de 1999, les deux candidats de l'opposition n'avaient pas dépassés à eux deux le 1% des voix. 10 ans plus tard, les 3 candidats de l'opposition présents lors de cette élection totaliseront à eux 3, un score de 10% (avec une prédominance pour le candidat du Parti de l'Unité Populaire, Mohamed Bouchiha (né en 1948) et cousin de Leïla Trabelsi Ben Ali, épouse du Président de la Tunisie)
Mais les Tunisiens, lassés par le clientélisme d'état, vont en décider autrement. L'immolation le 17 Décembre 2010 du jeune marchand de légumes Sidi Bouzid (26 ans) à qui la police avait confisqué son étalage va jeter le feu au poudre. Bouzid va devenir le symbole d'un pays qui vit de plus en plus de crédits à la consommation afin de survivre au chômage et à l'injustice sociale. Les manifestations jusque là jugulées dans le centre du pays vont bientôt se transporter à Tunis et se transformer en émeutes. Même la puissante Union Générale Tunisienne du Travail décrète des grèves générales. Les bureaux du RCD sont attaqués à Thala et Monastir. Le 9 Janvier, l'armée est déployée dans tout Tunis. Le lendemain, Ben Ali annonce à la Télévision la création de 300 000 emplois sur deux ans, la fermeture des lycées et des universités et le limogeage du Ministre de l'Intérieur. Les manifestations ne s'arrêtent pas pour autant. Le 13 Janvier, Ben Ali limoge le Chef de l'Armée de Terre, le Général Rachid Ammar qui a refusé de tirer sur la foule. Le 14 dans le courant de l'après- midi, c'est le gouvernement qui est limogé, des promesses d'élections anticipées sous 6 mois et l'état d'urgence et un couvre feu décrété. L'armée refuse de le suivre et provoque la chute du Régime Ben Ali.
Le couple présidentiel à qui l'on promet un retour rapide est quelque peu mis rapidement dans l'avion mais non sans avoir dévalisé la Banque Centrale de Tunis au passage. C'est un véritable coup d'état qui se joue ce 14 Janvier dont les têtes de pont sont le Général Ali Seriati, chef du renseignement et de la Garde Présidentielle et le Premier Ministre Mohamed Ghannouchi. Ce dernier se proclame Président par intérim avant de céder le poste au Président du Parlement Fouad Mebazaa en vertu de l'article 57 de la Constitution tunisienne.
Zine el-Abidine Ben Ali est actuellement réfugié avec son épouse en Arabie Saoudite. 33 membres de la famille Trabelsi (dont la fortune est estimée à 3,7 Milliards d'Euros) ont été arrêtés accusés d'avoir pillé l'état et d'avoir aggravé la corruption dans le pays. Malade, Zine el-Abidine Ben Ali a été plongé dans le coma.
La révolution de Jasmin aura coûté la vie à plus de 300 personnes. Un premier gouvernement d'Union Nationale sera formé avec des ministres du RCD avant que ceux -ci ne soient poussés à la démission le 20 Janvier et le RCD dissout. Le Premier Ministre Ghannouchi sera lui même poussé à la démission le 27 Février 2011 face à l'hostilité de la rue ou les opposants continuent toujours de manifester. Beji Caid el Sebsi (né en 1926), dont la famille a donné plusieurs de ses membres au gouvernement Beylical et ancien membre de gouvernements sous Bourguiba et Ben Ali, lui succède.

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