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La Révolution de Bengahzi

Libye

Alors que Mouammar Kadhafi apportait publiquement son soutien au Président tunisien Ben Ali, les villes de Bengazhi , d'El Beïda et Derna inspirées des révolutions égyptiennes et tunisiennes se soulèvent le 15 Février. La police et la milice des Gardiens de la révolution vont réagir comme à leur habitude, avec la violence qui les caractérise, et tenter de juguler les révoltes. A Benghazi, 38 personnes seront blessées par des gaz lacrymogènes. 3 jours plus tard au plus fort des affrontements, une unité militaire se mutine et rejoint les émeutiers qui agitent désormais des drapeaux de l'ancien royaume libyen défunt. Des rumeurs de fuite de Kadhafi vers le Venezuela oblige ce dernier à démentir le temps de quelques secondes télévisuelles le 22 Février dénonçant un complot de l'étranger et des télévisions qualifiées de " chiens errants " alors que l'on dénombre déjà entre 300 et 500 morts victimes de la répression et des affrontements entre opposants (ralliés aux Cheikh tribaux) et aux milices du gouvernement. Le 20 Février, Saif El Islam ( fils du Président )avait lui-même prédit des " rivières de sang " si les émeutiers ne cessaient pas leurs manifestations et prophétisant " la guerre civile en Libye " ajoutant de façon menaçante " La Libye n'est pas la Tunisie ni l'Egypte. Les jeunes, ne cherchez pas à reproduire ce qui s'est passé dans ces pays ". Le 22 Février alors que la révolte gagne tout le pays, le Colonel Kadhafi annonce qu'il refuse de quitter le pays et se déclare " prêt à mourir en martyr ".

Ulcéré par le massacre de la population et dénonçant les répressions, c'est le Ministre de la Justice Moustapha Mohamed Aboud Al Jeleil (nommé en 2007, âgé en 2011 de 59 ans) qui démissionne le 21 Février et rejoint immédiatement l'opposition. A El Beïda, un gouvernement du Conseil National de Transition (al-Majlis al-Wa?an? al-intiq?l? ) s'est formé (avec à sa tête Moustapha Mohamed Aboud Al Jeleil et quelques groupes d'oppositions comme la CNOL) tandis que les sociétés européennes commençaient à évacuer leurs ressortissants (France, Italie, Allemagne soit environ 10 000 personnes..). Le Prince Idriss II déclare dans un show américain être prêt à rentrer au pays afin de participer à la mise en place d'un nouveau gouvernement démocratique alors que le Prince Sayed Mohammed s'en remettait au même moment à la sagesse des Libyens pour décider ou non de la restauration de la monarchie.
Au 1er Mars, le Colonel Kadhafi ne contrôlait plus la Cyrénaïque continuant à démentir toutes oppositions ou manifestations dans son pays dont les morts liés à ces violences étaient déjà au nombre de 600 personnes au début de la révolution libyenne. Le 10 Mars, la France sera le 1er pays a reconnaître la légitimité du CNT. 7 jours plus pard, l'Organisation des Nations Unies autorisait l'intervention de troupes (uniquement) aériennes pour aider la rébellion a avancer vers la capitale (intervention de l'OTAN conjointe de la France, Royaume Uni, Etats Unis, et Qatar).
Il faudra attendre le 19 Août, pour que la rébellion entre à Tripoli (Opération sirène) après s'être emparé du port pétrolier de Misrata ( siège de mars à mai 2011), forçant la fuite de Mouammar Kadhafi vers sa ville de Syrte où il y meurt le 20 Octobre 2011, tué avec son fils Moatessem alors qu'il tentait de s'enfuir.
Le 10 Septembre 2011, le Conseil National de Transition (CNT) s'est installé à Tripoli. Mahmoud Djibril, un économiste, a été confirmé dans ses fonctions de Premier Ministre. Lors de sa prise de fonctions, le CNT était composé de mouvements monarchistes que les groupes d'opposition laïques républicains, des Islamistes, des fédéralistes berbères que des anciens kadhafistes repentis comme Omar Hariri (officier ayant participé au putsch de 1969. Il a succédé au Général et ex Ministre de l'Intérieur Abdoul Fattah Younès assassiné mystérieusement le 28 Juillet 2011), chef des opérations militaires de la rébellion. 31 membres ont été nommés au Conseil National de Transition (seuls 13 noms étaient véritablement connus lors de la prise de Tripoli). Le 22 Septembre 2011, le dernier Premier Ministre de Kadhafi, Baghdadi Ali al-Mahmoudi , a été arrêté à la frontière tunisienne.

La révolution a coûté la vie à plus de 25 000 personnes.

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