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La Révolution de 2011

Egypte

La République Egyptienne est selon la Constitution de 1971 un état socialiste démocratique. Au fur et à mesure du temps qui passe, elle retrouve au sein des arcanes de son pouvoir, l'intemporalité des pharaons.

Réélu constamment depuis son accession au poste de Président avec des scores dépassant à chaque fois les 90%, Hosni Moubarak (83 ans en 2011) est de plus en plus contesté dans son pays.
Chômage touchant une population jeune (plus de 10% de la population égyptienne était sans emplois en 2010, 50% des égyptiens ont moins de 25 ans en 2011), corruption, omniprésence de l'armée au sein des institutions, lutte âpre au sein du PND (330 sièges aux élections de 2011 pour la succession du Raïs vieillissant (Moubarak projetant de placer à sa suite son fils Gamal (né en 1963) nommé numéro 3 au sein du Parti National Démocrate depuis 2004), le chef de l'état égyptien conserve pourtant tout son prestige sur la scène internationale d'autant que l'opposition est plus que divisée quand elle n'est pas bâillonnée sur le plan national (le Wafd a perdu toute aura en Egypte. Lors du vote de la présidentielle de 2005, son score n'a pas dépassé les 3% et il n'a obtenu que 6 députés aux élections de 2005, les Frères Musulmans ont perdu leurs sièges, les autres partis devant se partager les restes des sièges libres en 2010).

Dès le 26 Janvier 2011, des centaines de milliers de manifestants se rassemblent et réclament la démission du Président Moubarak dénonçant la corruption massive au sein de l'état et le peu de démocratie dans le pays. Le siège du PND est même pris d'assaut et incendié. Afin de réprimer tous moyens de communication entre les manifestants, le gouvernement ferme les chaines de télévision étrangère et les réseaux sociaux tel Facebook. Le 28 Janvier, l'armée tire sur les manifestants (70 morts ? et 10 Blessés), les principales villes du pays sont en proie à l'émeute comme Damiette ou Alexandrie. Si Hosni Moubarak refuse de démissionner face à la pression de la rue (il déclare que son départ du pouvoir " entraînera le chaos "), il décide néanmoins de limoger son gouvernement et le remplace par un autre dont le Premier Ministre Ahmed Chafik était déjà membre du précédent gouvernement comme Ministre de l'Aviation. Il concède toutefois à recréer le poste vacant (depuis son accession au pouvoir) de Vice Président qu'il confié à Omar Souleiman, un cacique de l'armée et ex chef du Renseignement Egyptien (Mukhabarat) mais renforce dans le même temps les pouvoirs de l'armée en nommant le Ministre de la Défense, le Maréchal Mohamed Hussein Tantawi (né en 1935) et Chef d'Etat Major comme Vice Premier Ministre.

Le 1er Février, c'est deux millions de personnes qui envahissent la place centrale Tahrir du Caire. L'opposition se regroupe au sein de la Coalition nationale pour le changement que dirige l'ancien Prix Nobel de la Paix et ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de Mohamed El Baradei (que rejoindra les Frères Musulmans), le Parlement est bientôt encerclé par les émeutiers le 9 Février alors que l'armée se déploie dans la capitale. Le lendemain soir, alors que tout le monde (médias internationaux compris) croit que le Raïs va annoncer sa démission, c'est le contraire qui se produit. A grands coups de rappels de ses faits héroïques militaires, Moubarak annonce qu'il a décidé de rester en place jusqu'à l'élection de Septembre 2011 tout en cédant une partie de ses pouvoirs à son Vice Président.

La foule massée sur la place Tahrir manifeste sa colère, lève des chaussures en l'air (en signe d'insulte). Le 11 Février, l'armée annonce subitement sur les ondes de la Télévision d'Etat qu'Hosni Moubarak a renoncé finalement au pouvoir (en fait il a été poussé au départ par celle-ci) et que le Maréchal Tantawi assume désormais les charges du pays, garantissant le respect de l'élection prévue en septembre 2011. L'armée a lâché son Raïs désormais réfugié au Palais de Charm El Cheikh en attendant un autre lieu probable d'exil.

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