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La République Hutu (1973-1994)

Rwanda

LA REPUBLIQUE HUTU (1973-1994)


Le 5 Juillet vers 9h15, le Ministre de la Défense et Général Juvénal Habyarimana (né en 1937) renverse Grégoire Kayibanda ,le met en prison, le condamne à mort puis réduit sa peine a perpétuité (il meurt le 15 Novembre 1976 certainement empoisonné ?).
La IIième République est proclamée par ce discours lu la radio : Peuple rwandais, écoutez cette importante déclaration des Forces de sécurité. Vous n'êtes pas sans ignorer que ces derniers temps les Ennemis de la Paix ont troublé l'ordre public en semant la zizanie et la division du Pays en des groupuscules de régions. L'Unité nationale était menacée, la paix risquait d'être compromise. Celui qui avait été élu par le peuple, Grégoire Kayibanda, pour lequel nous gardons par ailleurs beaucoup d'égards, s'est laissé prendre dans les griffes des ennemis de la paix : ceux là même qui ne veulent pas comprendre que tous les Rwandais sont frères. De n'importe quelle région qu'ils viennent. Ces ennemis de la paix avaient fait du chef de l'Etat le prisonnier de leurs visées destructives.
Cette atmosphère, nous ne l'avons que trop tolérée. La nuit du 04 au 05 juillet 1973, le pays allait sombrer dans l'abîme pour toujours. Vous aurez toutes les explications dans les jours à venir. La Garde nationale a toujours obéi, mais devant une telle situation, elle ne peut pas rester les bras croisés. La Garde nationale (vos propres enfants) ne peuvent jamais tolérer que le pays soit découpé en morceaux. Elle ne peut pas cautionner les haines et les factions régionales. Elle refuse les limitations régionales préconisées par les ennemis de l'unité nationale...
Et nul ne songe à restaurer la monarchie en ces heures. D'ailleurs, les Tutsis sont exilés et ne menacent pas la République. Afin de ne pas dépendre trop de l'aide belge, Habyarimana s'empresse de signer un accord de coopération militaire avec la France.

Habyarimana entend mettre fin au conflit ethnique mais pas pour autant prêt à partager le pouvoir ou instaurer un régime plus démocratique. Il décide d'interdire tous les partis (1978) et de n'autoriser que le sien qu'il a tout juste fondé, le Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement (MRND), avant de se faire élire Président le 24 Décembre 1978 avec plus de 99% des voix.

Le régime se veut présidentiel mais bénéficie d'une aura internationale qui le reconnaît sans conditions. Kigeri V ne trouve donc aucun soutien pour asseoir sa légitimité. De toute façon, ce qu'il reste de parti monarchiste s'est fondu dans le parti unique, s'est exilé en Amérique ou en Ouganda ou pis a finalement adhéré à la République. Le Roi semble appartenir à l'histoire.
En Ouganda, les exilés Tutsis trouvent en 1987 un soutien inattendu avec le Président Museveni, lui-même d'origine ethnique identique. Les Tutsis s'organisent (Front Patriotique Rwandais), s'arment et préparent leur retour. Il leur faudra encore attendre trois ans avant d'entrer en action. Entre temps, le régime s'est radicalisé avec cette menace armée aux portes de ses frontières. Certains caciques du parti unique prônent ouvertement l'extermination des Tutsis et trouvent un écho favorable à leurs idées jusqu'au sein du palais présidentiel.




Habyarimana demeure sur ses réserves. La France voire la Belgique lui assurent la tranquillité d'un pouvoir. La France interviendra bien volontiers le 4 Octobre 1990 pour stopper les rebelles Tutsis. Habyarimana fait arrêter les membres de son opposition quelque soit son origine ethnique. Des massacres de tutsis sont perpétrés de ci delà mais pas aussi importants que ceux que les plus extrémistes du MRND préparent en masse. Les affrontements avec les rebelles se multiplient mais l'assistance militaire française permet au pouvoir en place de se maintenir. Les appels aux pogroms des tutsis par Radio Milles Collines, les journaux locaux qui n'hésitent pas invectiver ses lecteurs pour qu'ils dénoncent leurs voisins, les accords d'Arusha qui ne mettent fin au conflit que sur le papier sont autant de signes annonciateurs des tensions croissantes que le Rwanda traverse que certains espèrent profiter des événements macabres à venir pour changer de régime.

Le multipartisme adopté en 1991 a permis le renouveau du mouvement monarchiste. Le but avoué de ce parti est bien de restaurer la monarchie. Mais son poids dans la politique du pays n'est pas important. Si les campagnes ne semblent pas insensibles aux discours des monarchistes, ce n'est pas le cas des villes. Ors en Afrique, les révolutions se font dans les capitales.

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