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Maroc
Le nouveau souverain du Maroc s’est déjà fait connaître par sa fermeté à s’imposer et se concilier les Portugais avec qui il fait assassiner le Cheikh des Doukkalas en 1518. Et de lancer ses partisans à l’assaut du Sultanat Wattasside dont le pouvoir n’est plus que théorique. Une fois les Wattassides affaiblis, ce sont les Portugais qu’il oblige de se retirer de toutes leurs forteresses dès 1541. Humilié par la défaite de leur candidat, les Turcomans algériens fomentent en complot et en 1557, Mohammed Ech Sheikh Al Quaim est assassiné par le Chef de sa garde personnelle, sa tête envoyée à Constantinople. Loin d’être déstabilisé par la mort de son père, Moulay Abdallah El Ghalib reprend la tête des Saadiens et se fait reconnaître comme Chérif au motif que sa famille descend d’Hassan Ben Ali, de la famille du Prophète Mohamed. Fès révoltée, il y met le siège et se fait promettre par le Dey d’Alger la main de sa fille. Nommé Gouverneur de Fès, il meurt en 1574 laissant le trône au mains de son fils Abdallah II Mohammed , contesté par son oncle Abdel Malik. Ce dernier a l’avantage militaire. Acculé, Abdallah II fait appel directement aux portugais du Roi Sébastien Ier.
Le jeune prince de 20 ans et Roi du Portugal depuis 1554. Le pays est au fait de sa puissance coloniale et maritime. Dans ses veines, coule le sang des castilles par sa grand-mère. Déjà à 14 ans, il brûle de conduire une nouvelle croisade en Afrique du Nord. La défaite des Turques à Lépante en 1571 est un signe divin pour lui. La demande d’aide d’Abdallah II Mohammed tombe donc à point nommé. Une armée portugaise débarque au Maroc prêt à affronter l’usurpateur et se faire couronner Empereur du Maroc dont il n’a pas hésité à faire créer une couronne pour l’occasion.
La rencontre des deux armées va se faire à Ksar El Kébir (bataille des Trois Rois) le 4 Août 1578. Entre temps Abdel Malik n’avait pas perdu son temps. Reconnu par la Turquie, il avait réformé son état, nouer des relations diplomatiques avec des pays comme la France ou l’Espagne. Autant dire qu’Abdallah II Mohammed ne comptait que peu de partisans.
La bataille fut épique. Aux premières heures de l’affrontement, les portugais commencent à perdre l’avantage de la situation. Abdel Malek, malade meurt subitement durant l’affrontement. Dissimulant sa mort, c’est son chambellan qui va invectiver les troupes du Sultan. La confusion règne alors que le champ de bataille n’est plus que poussière autour des soldats. Sébastien Ier qui conduit lui-même ses troupes, s’en trouve séparé. Il est tué par les Saadiens qui le reconnaissent. Moulay Ahmed IV El Mansour (fils d’Abdel Malik) qui a pris la tête de l’armée enfonce les rangs des portugais, obligés de fuir se retrouvant eux même sans commandement. Involontairement, le Maroc venait de décider du destin du Portugal. Préférant les amours masculins, le Roi Sébastien n’avait que pour héritier que son frère entré dans les ordres. En 1580, le Portugal était annexé par l’Espagne qui venait de conquérir Lisbonne. Quant à Sébastien, son corps ne fut jamais retrouvé et aujourd’hui encore on croit que le Roi survécu à la bataille et reviendrait un jour sauver le Portugal (mouvement sébastianiste). 8000 Portugais furent tués lors de cette bataille, 12000 prisonniers capturés.
Moulay Ahmed IV affirma sa puissance économique, commerciale un projet d’alliance anglo – marocaine pour contrer la puissance espagnole fut même envisagée mais ne put être menée à terme suite au décès du roi en 1603) et artistique sur toute l’Afrique en s’emparant de l’Empire Songhaï en 1591.
Lui succède en 1603 à 1628 Zaidane El Nasir son fils ( il s’impose en 1613 au terme d’une guerre civile pour la succession qui voit le royaume se scinder en deux avec Fès d’un côté et Marrakech de l’autre) puis son petit neveu Abdallah Malik II jusqu’en 1631 puis enfin son frère Al Walid . Le pouvoir des Saadiens s’effrite peu à peu.