histoiredelafrique


Aller au contenu

Menu principal:


La dynastie des Alaouites

Maroc

Alors que le Royaume des Saadiens commence à tomber dans l’anarchie, dans leur ombre une nouvelle dynastie commence son essor dans le Sud du Maroc. Moulay Ali Chérif règne sur la ville de Tafilalet. Son aura et ses partisans sont assez majoritaires pour que son fils et successeur Mohammed Ier (né en 1589) commencent à harceler le royaume Saadien. Il faudra attendre le 3ième Roi Alaouite Mohammed II (fils du précédent devenu Roi suite à l’abdication de son père en 1636) pour que le trône Saadien tombe dans les mains des Alaouites (conquis en 1659 par le Prince Moulay Rachid) et que l’unité du pays soit faîte. . En 1664, son demi frère Moulay Rachid se soulève et s’empare du pouvoir le 2 Août (Mohammed II est tué). Il faudra encore deux ans à Moulay Rashid pour qu’il pacifie tout le Maroc qui lui résiste (dont Marrakech prise en 1669).

Il ne règnera guère longtemps car en 1672, il meurt des suites d’une mauvaise chute de cheval. C’est encore un de ses frères, Ismaël qui lui succède. Gouverneur de la ville de Meknès, il doit son élévation au trône aux partisans de Moulay Rachid qui craignaient de nouvelles révoltes. Et ce fut le cas durant près de 20 ans. Dans le même temps, Moulay Ismaël se voulait moderne. Des liens commerciaux furent noués avec la France (1682 à 1700 , caduque lors de la guerre de succession d’Espagne. La France entraîna militairement l’armée marocaine), Espagne (à qui il reprit le port de Larache en 1684) et à Londres (qu’il expulsa de Tanger en 1689). Très impressionné par Versailles, le Sultan Alaouite entreprit de faire de Meknès (1672) une capitale aussi belle et florissante et n’hésita pas à demander officiellement la main de mademoiselle de Blois, une des filles de Louis XIV de France qui préféra ne pas donner suite à cette demande incongrue pour un « Roi Très Chrétien ». Il faut dire aussi que le souverain marocain entretenait un harem de plus de 500 concubines, n’hésitait pas à employer ses esclaves chrétiens à la construction du palais impérial de Meknès et la Princesse de Bourbon horrifiée, de se pâmer à l’annonce de la proposition de mariage par l’Ambassadeur envoyé négocier le mariage.

Il s’entoura d’une garde dite noire (car composée d’africains de couleur) qui fut redoutable et envoyée réprimer toutes manifestations hostiles au souverain (on parle de 30 000 personnes tuées au long de son règne).

A sa mort le 22 Mars 1727, son fils Moulay Ahmed lui succède. Il a 50 ans  et déjà contesté par son frère Moulay Malik. Une guerre éclate et qui tourne à l’avantage de ce dernier. Renversé en Mars 1728 grâce à une conspiration ourdie par ses concubines ( qui en avaient assez de ses ivrogneries), Moulay Ahmed regroupe ses partisans (parmi la Garde Noire) et tente de reprendre son trône. Chose faîte en Juillet de la même année. Moulay Ahmed tenta de se concilier son frère en lui octroyant Fès mais le bouillant Prince tenta de faire assassiner son royal souverain lors d’une rencontre. Agac2 par son comportement Moulay Ahmed envoya Malik en prison où pour plus de précaution, il se dépêcha de le faire exécuter cet encombrant frère princier.

Moulay Ahmed devait mourir le 5 Mars 1729. la succession de Moulay Ahmed débouchera sur une guerre civile entre ses héritiers. Moulay Abdallah II (fils de Moulay Ismaël, né en 1649) va devoir tout au long de son règne combattre ses frères. Déposé le 28 Septembre 1734 par son frère Ali, il reprend brièvement le pouvoir du 14 Février au 23 Mai suite à son décès, de nouveau quelques jours (renversé le 8 Août 1736 par son deuxième frère Abdallah Sidi Mohammed II). En Février 1740, il reprend le contrôle du Sultanat pour s’en faire déposséder le 13 Juin 1741 par son troisième frère Zine Al Abdine. Le Maroc s’épuise économiquement dans ces guerres civiles. En Mai 1743, Moulay Abdallah reprend le pouvoir avant de se faire renverser en 1747 par son frère Al Moustadhi (décédé en 1759) puis de reprendre le pouvoir de nouveau (et cette fois définitivement) en Octobre 1748. Moulay Abdallah meurt le 10 Novembre 1757 après 10 ans de règne enfin stable. Son fils Mohammed III lui succède.

Âgé de 37 ans au moment de son avènement, il est en fait le vrai dirigeant du Sultanat depuis 1746. Son règne de 44 ans va enfin remettre de l’ordre dans le pays qui se relève des affres des guerres civiles qui ont jalonnées le règne de son père. Il fait de Rabat sa capitale mais demeurera dans chaque ville, tant il aimait se déplacé. Il s’offrira même le luxe d’être le premier pays à reconnaître les Etats-Unis. Al-Yazid lui succédera brièvement durant 2 ans et marquera son règne par une excessive cruauté. Hischam (son frère) lui succède mais vite contesté par son frère Souleimane (né en 1760). Renversé en Janvier 1795, Hisham regagne son trône en Octobre 1795. Finalement Souleimane accède au trône à la mort de son frère en 1797. Il tente de centraliser son pouvoir mais les tribus ne l’entendront pas ainsi et vont combattre toutes ses tentatives de réformes.

En 1822, Moulay Abd Ar-Rahman âgé de 33 ans lui succède. Il continue l’œuvre de son père et doit également affronter les tribus du Sultanat qui refusent de se plier aux nouvelles lois (fortement influencée par l’Occident dont il signe plusieurs traités commerciaux). Forcé de combattre la piraterie (qu’il autorise, tribut à son pouvoir compris) après le blocage du port de Tanger par la marine britannique et le bombardement de Tetouan par celle d’Autriche, il soutiendra l’Emir algérien Abdel Kader contre les forces françaises qui avait pris pied à Alger. Battu par les Français à Isly le 14 Août 1844, il devra s’incliner et signer le traité de Tanger (qui reconnaît la conquête de l’Algérie par la France). Son fils Mohamed IV (né en 1810) ne brillera pas par son règne d’une douce passivité (1859- 1873) et lors de la guerre contre l’Espagne (1860- 1862) au sujet des frontières de la ville colonie de Ceuta, Mohamed IV , finira par signer un traité dit de Wad- Ras et céder sur la limite des frontières de Ceuta. Moulay Hassan Ier qui lui succède à l’âge de 36 ans accède au pouvoir alors que les puissances occidentales se sont lancées dans une lutte d’influence sur le Sultanat. Brillant mais peu politicien dans l’âme, Moulay Hassan va néanmoins marquer son règne par la puissance des sciences qu’il développe dans son royaume. Sa mort le 7 Juin 1894 laisse le trône à son jeune fils Abdelaziz IV , né des fruits de ses amours avec une esclave circassienne. Il a 14 ans et n’est pas l’aîné puisque ce dernier s’est vu dépossédé de ses pouvoirs par son père. Une régence sera mise ne place et exercée par le Grand Vizir Ahmed ben Moussa jusqu’à sa mort (toujours mystérieuse) en 1900. Le Maroc doit encore beaucoup à la politique du Grand Vizir qui résiste à toute ingérence occidentale sur la politique du royaume. Le jeune sultan préférant nettement s’adonner aux plaisirs du corps et de la danse avant de prendre le pouvoir à la mort d’Ahmed ben Moussa. Sa mère qui s’inquiète des réunions entre le Sultan et les ambassadeurs européens, trop fréquentes à son goût, tente de lui imposer le Grand Vizir El Hadj El Moktar mais il sera démis au bout de quelques mois..

Cette lutte d’influence est gagnée par les anglais qui place auprès du Sultan deux conseiller qui va bouleverser les structures traditionnelles en réformant l’administration et la fiscalité comme la suppression de l’impôt coranique (Septembre 1901). Des révoltes éclatent dans tout le sultanat et le 13 mai 1903 Rogui Bou Hmara (Jilali ben Driss Zerhouni el Youssefi dit l’homme à l’ânesse) lève une armée qui se dirige vers la capitale afin de chasser les ministres européens qui gravite au palais voir le Sultan lui-même. D’origine modeste mais ayant fait des études dans la prestigieuse université de Fès où il se révèle un excellent topographe, se déplaçant à dos d’âne par humilité, il se fait remarquer par le calife de Fès qui en fait son secrétaire. Lors de la révolte, il se fait passer pour un Prince de la famille royale afin d’unir tous les marocains derrière son étendard et dénonce déjà l’influence occidentale sur le Sultanat. Et bien que les forces armées de Moulay Abdelaziz soient commandées par un officier anglais, elles seront mises en déroute par les insurgés le 23 Décembre 1902. Le Nord et l’Est (Mai 1903, défection des tribus) vont vite échapper aux Alaouites jusqu’en 1909.

Le Sultan est devenu le jouet de la France ( à qui il a fait appel à un soutien armé) et de l’Angleterre à un tel point qu ses sujets pensent désormais qu’il a été enlevé et ramené à Londres. L’Afrique subit désormais la deuxième vague d’assauts des européens. L’Allemagne n’en est pas en reste et tente de prendre pied sur le Maroc. En 1905, éclate la crise de Tanger.

La France va conduire la pacification de la frontière algéro- marocaine (Colonel Lyautey) dès le début de 1905. L’Angleterre ne bouge pas car en échange la France à renoncé à toutes ingérences de sa politique en Egypte, l’Espagne négocie entre deux siestes qui sont interminables laisse Paris envoyé son représentant négocier avec le Sultan l’envoi de conseillers politiques et militaires à la Cour. Moulay Abdelaziz, lâché par les Britanniques, prend contact avec les Allemands qui y voit ici le moyen de mettre fin à l’Entente Cordiale signée entre Albion et le coq gaulois. Le 31 Mars 1905, le Kaiser Guillaume II débarque à Tanger et se lance dans une violente diatribe contre ses homologues européens. Mais contre toute attente, l’Angleterre refuse de bouger, l’Espagne d’évacuer ses possessions et la France de négocier la mise en place d’une conférence nationale (le Ministre des Affaires Etrangères français sera contraint à la démission) 6 mois plus tard à Algésiras sous la médiation des américains (1ère intervention des Etats-Unis en matière de politique extérieure en Europe). Nous sommes le 16 janvier 1906, l’Allemagne renonce à toutes prétentions sur le Maroc, ceux de la France et de l’Espagne se renforcent (droits financiers et portuaires, formation de l’armée et de la police confiée au colonel Lyautey). Le Sultan, croulant sous les dettes, est décrédibilisé aux yeux de ses sujets quand même bien l’intégrité du royaume a été sauvée.

Début 1908, un contingent de 6000 soldats français débarque au Maroc (en Mars 1907, des français avaient été massacrés). Les jours du Sultan Abdelaziz sont comptés. Le 4 Janvier, son demi-frère Abdel Al Hafidle renverse avec l’aide du Pacha de Marrakech, Thami El Glaoui. Le nouveau Sultan est un fervent nationaliste et n’est pas inquiété par les Français. A peine nommé, son pouvoir est contesté par Jilali ben Driss Zerhouni el Youssefi qui contrôle toujours la partie orientale du royaume. Mais l’unité qu’il a fédérée autour de lui commence à s’effriter et le 21 Août 1909, le leader de la rébellion est capturé par la France avec 400 de ses partisans, son harem compris. Il sera torturé et dépecé le 2 Septembre, sa dépouille livrée aux fauves et les restes brûlés sur ordre de Moulay Abdel Al Hafid. La sauvagerie de cette exécution forcera les ambassades étrangères à émettre une protestation dont le Sultan n’aura cure. Jilali ben Driss Zerhouni el Youssefi avait 49 ans lors de son exécution.

Loin d’avoir été apaisées, les populations tribales se soulèvent et le Sultan est même assiégé à Fès. Moulay Abdel Al Hafid demande l’aide aux Français qui envoient un contingent de 23000 hommes libérer le Sultan le 21 mai 1911. Acculé, Moulay Abdel Al Hafid n’a pas d’autre choix que de signer le 30 Mars 1912 le traité de Fès qui octroie aux Français le droit de gouverner le Maroc (Protectorat français établi (ses longs rapports avec l’Europe et son influence sur la péninsule ibérique lui faisant échapper au statut de colonie), Port de Tanger déclarée ville internationale, le général Lyautey devient Ministre des Affaires Etrangères et de la défense). Abandonné et pressé par ses proches de quitter le pouvoir, Moulay Abdel Al Hafid se résigne à abdiquer le 12 Août 1912, soit 4 ans après jour pour jour de son accession au trône chérifien. Le Sultan embarque alors pour la France où il s’éteindra le 4 Avril 1937 à Enghien les Bains (âgé de 61 ans).





















ACCUEIL | Ouganda | Côte d'Ivoire | Ethiopie | Rwanda | Burundi | Madagascar | Ghana | Bénin | Angola | Tanzanie (Zanzibar) | Centrafrique | Afrique du Sud | Lesotho | Libye | Swaziland | Egypte | Tunisie | CAMEROUN | Kenya | Mali | Maroc | Plan du site


Ce site ne soutient aucun mouvement politique quelque soit sa nature et n'a qu'un but historique, merci de votre compréhension | draken291@hotmail.fr

Retourner au contenu | Retourner au menu