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Indépendance du Royaume du Sanwi

Côte d'Ivoire

Houphouët- Boigny devenu Ministre d'Etat du Général De Gaulle amènera son pays sur le chemin de l'indépendance le 7 Décembre 1960 et ce en dépit des nombreuses tentatives de déstabilisation organisées par les colons. Amon N'Douffou III à la veille de la proclamation de la République s'envole vers Paris et réclame à la France le respect du traité de 1842. Il souhaite ni plus ni moins que l'indépendance du Sanwi. Le gouvernement Français le renverra immédiatement vers la Côte d'Ivoire sans même étudier ses doléances. Houphouët- Boigny est furieux que ce petit roitelet soit tenté de faire sécession. Le 19 Mars 1959, il fait arrêter tous les ministres royalistes et le Roi Amon N'Douffou III est forcé de partir en exil au Ghana (indépendant depuis 1957) où depuis Accra, il proclame l'indépendance du Sanwi (Mai 1959).

Pour le Président ivoirien, la menace est réelle. Les nouvelles d'un Sanwi qui s'arme se font persistantes et Grand Bassam est l'objet de quotidiennes manifestations violentes entre partisans des deux camps. La plupart des Français restés en Côte d'Ivoire se réfugient dans la capitale Abidjan laissant derrière eux leurs maisons coloniales, du moins de ce qui restait de cette époque. Les rebelles décident de passer la frontière en Octobre 1960 et ne seront stoppés que grâce à la présence d'un petit contingent militaire français qui stationne dans le pays en attendant la signature finale d'un accord de coopération militaire entre l'ancienne puissance coloniale et la Côte d'Ivoire (1961). Une fois de plus le Roi retourne au Ghana, sous la bienveillance protectrice du Président N'Krumah. Houphouët procédera à une répression féroce dans l'ancienne capitale coloniale et ne pardonnera pas à cette ethnie rebelle sa tentative de sécession et cette proclamation d'indépendance.

Grand Bassam est laissée à l'abandon par le gouvernement ivoirien. Félix Houphouët- Boigny qui craint les complots n'aura de cesse à son tour de tenter de déstabiliser le Ghana qu'il suspecte fortement d'avoir armé les Sanwis. En 1962, le Roi envoie des émissaires à l'OUA et l'ONU pour faire reconnaître son indépendance. Peine perdue.

Amon N'Douffou III lui, continue depuis le siège de son gouvernement en exil à réclamer l'indépendance du Sanwi. Et de citer l'exemple du Biafra au Nigeria. Il En Décembre 1966 le Mouvement de Libération du Sanwi pénètre de nouveau en Côte d'Ivoire. Cette incursion sera de courte durée et la répression sera opérée dans le silence. Le pays Agni est ainsi calmé. En 1969, Amon N'Douffou III envoie d'autres émissaires vers le Président Ivoirien. Pour toutes réponses, celui-ci les fait arrêter et embastiller pendant un an. Amon N'Douffou III tiendra désormais ce qui lui reste de cour à Accra avant de décéder le 8 Mars 1979. Il faut dire que lors chute du Président ghanéen en 1966, la plupart des leaders rebelles du Sanwi avaient été arrêtés et réexpédiés vers Abidjan. Il faudra encore attendre une rébellion de l'ethnie Bété dans les années soixante-dix avant que la Côte d'Ivoire ne trouve un calme politique qui va faire d'elle la " petite Manhattan " de l'Afrique de l'Ouest.

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