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Côte d'Ivoire
La monarchie Sanwi accepte de se réconcilier avec Houphouët- Boigny le 20 décembre 1981. Désormais en pays Agni, on votera pour le parti unique, le Parti Démocratique de Côte d'ivoire- Rassemblement Démocratique Africain. A contrario, la nomination du souverain sera approuvée par le Président sans qu'il ne tente de la remettre en cause. Une politique d'apaisement que le Président fondateur prônera tout au long de ses mandats.
Le règne de son cousin Amon N'Douffou IV (Kassy Anzian) couronné à l'issu de cette réconciliation ne va pas être de tout repos. Houphouët semble ne pas apprécier ce souverain et même les Sanwis lui contestent son titre. Succéder à Amon N'Douffou III n'est pas chose aisée. Une querelle de succession couve lentement. Le pays Sanwi a été reconstitué et se compose désormais des cantons de Krindjabo, Kouakro, Ayamé- Assouba et Adjouan. Grand Bassam va devenir un haut lieu du tourisme ivoirien.
L'épisode éphémère de la sécession est oublié voir occultée par tous.
La présidence d'Houphouët- Boigny (1960 à 1993) et celle de son successeur Henri Konan Bédié (1993 à 1999) va assurer à N'Douffou IV un pouvoir tranquille. Il a renoncé à toutes idées d'émancipations et nul ne songe à se révolter. En fait, c'est ce qu'il pense. Une opposition à son pouvoir s'est formée et réclame sa destitution. Le coup d'état de Noël 1999 par le Général Robert Gueï et la guerre civile qui éclate en Côte d'Ivoire en 2002 va modifier le paysage politique du Sanwi. Profitant des troubles, le Conseil Royal règle ses comptes (financiers) avec son monarque et le limoge. Les partisans des deux camps s'affrontent violemment, le canton d'Assouba menace de se soulever. Le Président Laurent Koudou Gbagbo (depuis 2000) n'a guère besoin d'un autre front à ses frontières et même si il n'y'a pas de danger du côté ghanéen, il faut vite trancher. Amon N'Douffou IV est contraint de s'exiler à Accra.
Se découvrant une nouvelle fibre nationaliste, le souverain exilé hésite pourtant à re- nouveller les actes de son prédécesseur. Pour trois ans le Sanwi va être dirigé par le Conseil Royal qui se garde bien de prendre position contre le gouvernement du Front Populaire Ivoirien.
Le 14 Octobre 2005, Laurent Gbagbo accepte la nomination du neveu d'Amon N'Douffou IV, Amon N'Douffou V (Enan Koutoua) sur le trône de ses ancêtres. Pourtant le nouveau souverain ne fait toujours pas l'unanimité. En 2008, le Sanwi a toujours deux souverains dont l'un est exilé au Ghana et l'autre installé à Krindjabo. Ce dernier a été nommé en Avril 2007 médiateur de la République de Côte d'Ivoire dans les conflits qui opposent partisans des deux camps. Le drapeau bicolore horizontal Rouge sur Jaune Or flottait de nouveau sur le Sanwi. Le 29 Avril 2010, la découverte offshore de pétrole dans le Golfe de Guinée a ravivé des tensions entre les deux pays. Le Roi du Sanwi Amon N'Douffou V s'appuyant sur le traité franco-ivoirien de 1842 a revendiqué les bénéfices de cette découverte.
La paix précaire qui s'est installée en Côte d'Ivoire n'a pas tu pour autant les affrontements entre les deux camps royalistes et la République ivoirienne ne serait désormais accepter qu'un souverain du Sanwi ne soit de nouveau tenté par l'indépendance du royaume. " La paix n'est pas un mot mais un comportement " avait coutume de dire le Président Houphouët- Boigny.