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Du statut colonial à l'indépendance

Lesotho

Entre-temps, le Morena e Moholo (Grand Roi) Moshoshoe Ier avait rendu l’âme le 11 Mars 1870. La nation Sotho avait un nouveau souverain avec son fils Letsie Ier.

Le Roy des Sothos n’avait pas les moyens de se battre contre les anglais. Le protectorat fut entièrement sous contrôle britannique dès 1884. Le 20 Novembre 1891 son fils Lerotholi Ier lui succède. Il tiendra son royaume en dehors du conflit entre les boers et les anglais et préservera de facto l’autonomie de son royaume.
Son fils et successeur le 19 Août 1905, Letsie II fit de même en 1910. Les anglais avaient prévu de d’annexer le Royaume au nouveau Dominion d’Afrique du Sud mais Letsie II leur tint tête comme son ancêtre le fit avec les zoulous. Et le Lesotho de demeurer hors du Dominion.

Les Souverains (qui n’avaient plus que le titre de chef traditionnel) se succédèrent dans le calme, si on excepte la rébellion des mineurs en 1937. Nathaniel Griffith (du 28 Janvier 1913 à Juillet 1939) son frère puis Simeon Seeiso Griffith (de Juillet 1939 au 26 Décembre 1940), son fils. Mais la mort prématurée de ce dernier entraîna l’établissement d’une régence jusqu’en 1960.
En effet, le fils de Simeon était né le 2 Mai 1938. Trop jeune pour régner, Constantine Bereng Seeiso Moshoeshoe II fut éduqué d’abord au Lesotho puis en Angleterre où il mena une vie de jeune dandy jusqu’à son couronnement le 12 Mars 1960. Nouveaux mœurs, nouvelle époque.

Le royaume du Basutoland vit aux rythmes des soubresauts politiques de son voisin sud-africain. Lié à l’A.N.C., le Basutoland African Congress se divise vers la fin 1950 en deux partis dont sa branche la plus conservatrice, le Basotho National Party, dirigée par Chief Lebua Jonathan et sa branche progressiste pro-royaliste, le Basotho Congress Party, menée par Ntsu Mokhehle.
Moshoeshoe II tente vainement de réconcilier les deux leaders avant que la guerre civile n’éclate dans son pays. En 1960, les élections législatives portent au pouvoir le Basutho Congress Party. Le nouveau gouvernement élu n’a pas la tâche facile. Le BNP ne le laisse pas gouverner et Moshoeshoe II est incapable de résorber la crise. En 1965, de nouvelles élections législatives portent le BNP à son tour au pouvoir. Chief Jonathan Lebua est un ultra conservateur qui a le soutien de Pretoria et de Londres contrairement au BCP qui ne cache pas son soutien. Tona Kholo (Premier Ministre) Chief Jonathan Lebua est un ardent nationaliste et un des multiples arrière petit-fils de Moshoeshoe Ier. Il entend négocier l’indépendance de son royaume en échange d’un certain soutien à Pretoria.

L’Afrique du Sud est indépendante depuis Mai 1961. L’African National Congress de Nelson Mandela pouvait se réfugier dans le petit royaume dès qu’il se sentait menaçait par le régime de Pretoria. Le Royaume Uni était quant à lui engager dans une politique de décolonisation. L’un dans l’autre, la négociation pour l’indépendance du Royaume était favorable à Chief Lebua Jonathan. D’ailleurs, elle sera vite accordée par le Royaume-Uni et reconnue par l’Afrique du Sud. Chief Jonathan Lebua a quand même pris soin toutefois d’enlever au souverain son pouvoir exécutif en échange d’un titre de Roi. Une fois couronné (4 Octobre 1966), Moshoeshoe II se voyait reléguer dans un coin du palais royal.

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