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Tunisie
Lorsqu'il accède au trône Mohamed el-Moncef Bey ignore encore qu'il va redorer le blason de sa famille. Il est le fils de Naceur Bey et né le 4 Mars 1881 à l'aube du protectorat. Moncef Bey a vécu à l'ombre du nationalisme de son père et l'a soutenu lors des événements d'Avril 1922. Naturellement, la France n'apprécie pas la montée sur le trône de ce prince qui fonde ses prétentions sur le fait que la France a reconnu en 1857 l'indépendance de la Tunisie sans la coloniser. De plus, il commence à régner alors que l'Europe est en guerre et l'Afrique le début de batailles contre l'occupation allemande et italienne. L'Algérie est l'objet d'un complot monarchiste sous l'œil bienveillant de la résistance gaulliste, l'Italie tente d'infiltrer l'Afrique du Nord en noyautant les mouvements indépendantistes comme le Destour qui collabore allégrement avec les agents fascistes. Le 2 Août 1942, le Bey adresse au Gouvernement Français une demande de réformes administratives au sein du Beylicat. Egalité entre fonctionnaires français et tunisiens, égalité de l'enseignement des deux langues, égalité des salaires, de la justice, abrogation du décret anti-juif etc.. Vichy ignore superbement les demandes du Bey dont d'ailleurs la garde de 200 hommes est dirigée par un officier français. Les tensions entre Moncef Bey et le Résident Général Français nommé le 26 Juillet 1940, l'Amiral Jean Pierre Esteva (1880- 1951) s'accroissent au fil des semaines. Le Bey exige son rappel à Vichy qui est loin d'être préoccupé par ces problèmes. En effet le 19 Novembre suivant, les troupes germano- italiennes débarquent sur les côtes tunisiennes. Une délégation fasciste envoyée au Palais du Bey lui propose l'indépendance en échange de son soutien. Moncef Bey se refuse à troquer une occupation par une autre, même au nom de l'indépendance d'autant plus que les rapports fait sur l'occupation italienne en Lybie ne sont pas fait pour le rassurer. Quant à l'Amiral Esteva, après avoir condamné l'arrivée d'appareils de la Luftwaffe, il se range derrière les Allemands sur les consignes de Vichy à qui il demeure fidèle et leur livre même des bases navales.
La dispute entre le Résident Général et le Grand Vizir Hédi Lakhoua (nommé à l'accession au trône de Moncef) fin Décembre 1942 sur les crédits octroyés à la Gendarmerie Française oblige Moncef à démettre son Premier Ministre malgré le fait qu'il se sent insulter par le représentant de Vichy. M'hamed Chenik est nommé à la place de Lakhoua et intègre à son gouvernement des membres du Destour (Salah Farhat et Mahmoud Materi). Devant le refus du Bey de signer le décret imposant le port de l'étoile jaune, l'Amiral Esteva signera lui-même ce décret et ce en dépit des prérogatives de Moncef Bey. Il en sera également le cas pour les camps de travail en Avril 1943. Moncef refuse de signer, Esteva appose sa signature sur le décret. Les rafles se succèdent dans le pays pour remplir ces fameux camps. Enfin le Colonel Sarton Du Jonchay est nommé à la tête d'une Légion Tricolore censée combattre aux côtés de la Wehrmacht.
Les émissaires fascistes se pressent au Palais Beylical, continue de lui proposer l'indépendance et même d'abroger le traité du Bardo. Moncef Bey refuse mais respectueux avertit quotidiennement Esteva de ce genre de démarche (Mars 1943).
La défaite des troupes de l'Axe en Afrique du Nord (entrée des Alliés dans Tunis en Mai 1943, rapatriement d'Esteva le 7 Mai vers la France par les Nazis. Il sera arrêté le 22 Septembre 1944, condamné et dégradé le 15 Mars 1945 puis finalement libéré le 11 Août 1950) permet à celles de la Libération (Forces Françaises Libres) de remplacer les fonctionnaires de Vichy. Le Jeudi 13 Mai 1943, le nouveau Résident Général Charles Mast demande au Bey d'abdiquer au motif qu'il a collaboré avec l'ennemi. Moncef refuse. Le lendemain aux premières heures du matin, le Bey est enlevé par les F.F.L. à bord d'un Viking de l'armée de l'air. Durant le vol, un officier lui annonce que le Général Giraud a décidé qu'il serait déposé. L'avion atterrit dans le Sahara Algérien et assigné à résidence. Là, il abdique le 8 Juillet 1943. Fatigué par cet exil forcé, le souverain déchu est transféré à Pau, en France. Le Bey qui avait aboli le principe du baise- main meurt le 1er Septembre 1948, loin de son pays.
Charles Mast réorganise la Régence et les fonctionnaires de Vichy sont soit remplacés ou laissés en place pour les besoins administratifs. Pas une seule fois, Mast pense à engager des fonctionnaires tunisiens. En fait, Mast entend contrôler le pays et ses forces nationalistes pour le compte de la future IVème République bientôt naissante. Le leader du Néo- Destour, Habib Bourguiba qui a été arrêté le 9 Avril 1938, embastillé en France est libéré après qu'il ait appelé ses partisans à soutenir désormais les Alliés, est libéré. Il regagne la Tunisie, accueilli en héros. Mats restera Résident Général jusqu'au 22 Février 1947. Esteva décède quant à lui le 11 Janvier 1951.
Mohamed el-Amin Bey ou Lamine Ier Bey est installé sur le trône dès l'abdication de Moncef Bey. Le cérémonial d'investiture est encore emprunt de l'ère ottomane avec ses hérauts qui crient longue vie au souverain en langue turque. Prince héritier depuis le 25 Juin 1942, né le 4 Septembre 1881, il est le cousin de Moncef. Slaheddine Baccouche (1883- 1959) est nommé Grand Vizir de son premier gouvernement. Chenik a été arrêté le 9 Mai 1943 au grand dam de celui qui était encore le prince héritier du beylicat. Lamine appréciait profondément le Premier Ministre de son cousin et refuse de le condamner.
Le Gouvernement intérimaire qui a succédé à Vichy reçoit en Juillet 1945 le Bey Lamine. L'entretien entre le Bey et le Général De Gaulle permet une réforme importante au sein de la Régence. Le Conseil Municipal de Tunis sera désormais élu au lieu d'être nommé. Craignant de nouveau l'arrestation, Bourguiba se réfugie au Caire. Il ne reviendra que le 8 Septembre 1949, non sans avoir tenté de se faire reconnaître par les Etats-Unis d'Amérique. Entre temps, le 20 Janvier 1946, L'Union des Générale des Travailleurs Tunisiens a été crée et rejoint tout naturellement les rangs du Néo- Destour.
La Résidence Général lance une enquête sur des mouvements armés repérés dans le Sahel. Un groupe de déserteurs de l'armée française sont assez actifs depuis 4 ans. Encerclés, ils seront tués en Avril 1947. Mais la Résidence Générale suspecte le Néo- Destour de collusion avec ce groupe armé. Le 4 Août, une grève générale est lancée dans la Régence. Les rues de la capitale se couvrent de manifestants ; les Forces de l'Ordre sont déployées. Stressées, elles tirent sur les manifestants le lendemain. Il y'aura 26 morts.
Bourguiba qui prononce un vibrant hommage à Moncef Bey lors de son décès s'aperçoit que Salah Ben Youssef contrôle pratiquement tout le parti et qu'il négocie avec les Français. Il appelle désormais à l'indépendance de la Tunisie et l'instauration d'une monarchie constitutionnelle. Lamine Bey ne peut ignorer le Néo- Destour mais il se refuse de se prononcer. Le 13 Juin 1950, l'ancien Préfet d'Alger Louis Périllier (1900- 1986) est nommé Résident Général. A Thionville, le Ministre des Affaires Etrangères Maurice Shuman, le futur " Père de l'Europe " organise un banquet en son honneur. Schuman déclare dans son discours "M.Périllier, dans ses nouvelles fonctions, aura pour mission de comprendre et de conduire la Tunisie vers le plein épanouissement de ses richesses et de l'amener vers l'indépendance qui est l'objectif final pour tous les territoires au sein de l'Union française. Il faut cependant les délais nécessaires et, si cette entreprise réussissait, la France au cœur de son histoire si longue aura accompli une mission civilisatrice ". Tout est dit en nuance. Le nouveau Résident Général devra conduire le pays à l'indépenance.
A Tunis, Le 17 Août 1950, M'Hamed Chenik est rappelé au poste de Premier Ministre (il succède à l'impopulaire Premier Ministre Mustapha Kaak nommé en Novembre 1947). Salah Ben Youssef est nommé Ministre de la Justice. A son discours d'investiture, Chenik déclare : " Le gouvernement que j'ai l'honneur de présenter à Votre Altesse est un ministère de négociation ayant essentiellement pour tâche, en même temps qu'il assurera l'administration, de conduire le pays vers une autonomie de plus en plus large répondant aux aspirations unanimes de la nation tunisienne, vers la restauration de notre souveraineté dans la plénitude de ses droits et prérogatives. Cette œuvre que Votre Altesse nous charge d'accomplir se réalisera par étapes, dans un délai raisonnable et sera la manifestation d'une coopération féconde entre le représentant de la France et le gouvernement de Votre Altesse ".
Lamine est rassuré. L'indépendance sous son sceptre, la monarchie préservée par un gouvernement d'unité nationale avec l'assentiment de la France.
Tout n'est pas joué pour autant. Les Français de Tunisie n'apprécient guère que la IVème République saborde leur autorité dans la Régence. L'Afrique du Nord sous occupation française gronde. Les colons parlent, pour certains, de sécession. La Tunisie se demande si l'avènement prochain du suffrage universel ne va pas les amener à quitter un pays qu'ils considèrent comme le leur. Car comme en Algérie, les Français de Tunisie ont fait souche depuis plusieurs générations et méritent également le terme de Pied Noir. Le Rassemblement Français de Tunisie mène campagne contre l'indépendance de la Tunisie ou son autonomie relayé depuis la métropole par le Comité Central de la France d'Outre Mer de l'Ambassadeur François Charles- Roux.. Cer dernier déclarait d'ailleurs à cet effet : " faire en sorte que les valeurs de civilisation apportées par la France à la Tunisie ne puissent pas être compromises, ne soient pas génératrices pour la France et pour la Tunisie de régression ". Enfin, il faut noter les actions du Sénateur Antoine Colonna (1901- 1976), Représentant des Français de la Régence (et accessoirement le leader du RFT, il était membre au Sénat du Groupe de la Gauche Démocratique et du Rassemblement des Gauches Républicaines) pour qui l'avenir des Européens et des Tunisiens ne pouvaient être dissociés de la République quitte pour cela " à restaurer son autorité- Qu'on se décide donc à comprendre : la clef du problème n'est pas dans une manie de concessions qui devient plus que funeste. Non, les Tunisiens, qui nous aiment encore, ont besoin sans délai de la manifestation tranquille, pacifique, mais tangible de la force française...Si d'autres améliorations du statut de la Régence apparaissent souhaitables, elles viendront après, sous le signe du prestige français reconquis et dans le calme retrouvé, qui permettra de suffisantes méditations pour la présentation de solutions mûrement réfléchies ".La campagne de presse est violente à un tel point que le RFT arrive à faire stopper les négociations entre la métropole et le gouvernement de Chenik le 7 Octobre.
Le Bey rejoint ouvertement les aspirations de son peuple et devant le Résident Général Général médusé, ce 15 Mai 1951, il déclare : " qu'il convient de signaler que ce peuple a acquis le droit de respirer l'air de la liberté, d'étancher sa soif aux sources de la justice, de jouir de tous ses droits individuels et collectifs, de vivre dans la paix et la dignité dans le cadre de la souveraineté nationale intégrale ". Pis, le 31 Octobre, Chenik adresse un mémorandum au Résident Général réclamant l'autonomie. Le RFT s'énerve de toutes ces actions et le fait savoir.
La situation du Canal de Suez, les rumeurs de coup d'état en Egypte et l'indépendance de la Libye inquiètent les Français de Tunisie. Le Bey se voit conforté dans ses positions. L'armée se rangera derrière lui, fidèle au Beylicat et si la Libye a choisit de conserver sa monarchie lors de la proclamation de l'indépendance, la Tunisie le fera aussi certainement. Il n'est pas le seul à se faire le porte parole du nationalisme. Bourguiba fait un retentissent retour sur la scène politique le 2 Janvier 1952. Son discours est remarquable. Il demande au Bey de porter les demandes des Tunisiens devant l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies et appelle sans complexes à la lutte armée si l'ONU n'accède pas à cette demande. Le Premier Ministre Chenik rejoint Bourguiba dans cette déclaration. Pour la France, il est hors de question que la souveraineté soit accordée à la Tunisie ni qu'un conflit armé soit déclenché. La IVème République envoie le 13 Janvier 1952 donc comme Résident Général, un haut officier de l'armée de terre, le Comte Jean de Hauteclocque (1893- 1957). A peine arrivé, le nouveau Résident Général fait embastiller 150 membres du Parti Communiste et du Néo-Destour dont Bourguiba, le 18 Janvier.
Ce dernier revenu d'Egypte 16 jours auparavant était venu sans nul doute prendre en main la révolution attendue. Répression militaire, grèves qui se multiplient, chaque camp durcit ses positions face à l'autre. Les fermes des colons sont attaqués, certains d'entre eux tués par des néo-destouriens. Des affrontements de rue comme à Sousse ou Mouknine se terminent dans un bain de sang. Le ratissage du Cap Bon le 26 Janvier 1953 fera plus de 200 morts. Le 23 Mars, le Résident Général fait arrêter Chenik et son gouvernement, mis en résidence surveillée. Ben Youssef ayant fait enregistrer la demande auprès de l'ONU (le 17 Décembre, une résolution est adoptée mais reste neutre dans ses propos), le Résident Général avait immédiatement appliqué les ordres. L'organisation coloniale, la Main Rouge, qui opère de part et d'autre de l'Algérie et de la Tunisie et qui est pilotée par le Gouvernement Français s'est spécialisée dans les règlements de comptes. Le syndicaliste Farhat Hached qui a publié un brûlot ouvertement nationaliste en fera les frais de sa vie, le 5 Décembre 1952.
Lamine Bey reste impassible. D'ailleurs que peut-il faire avec un pouvoir purement nominal ? Les attaques de guérilla des membres du Néo-Destour s'intensifient. 70 000 soldats français sont déployés dans le pays. Le 23 Septembre 1953, Pierre Voizard (1896- 1982) est nommé en remplacement de Hauteclocque (cette nomination avait provoqué la démission du Ministre d' Etat François Mitterrand qui ne voyait pas en Voizard l'homme de la situation) . Il lève la censure, rétablit la presse nationaliste et lève le couvre-feu. Le gouvernement socialiste (1953- 1955) du Président du Conseil français, Pierre Mendès France (1910- 1967) a décidé de négocier avec les nationalistes alors que l'armée française s'apprête bientôt à évacuer ses colonies indochinoises. Mais le gouvernement tunisien de Mohamed Salah Mzali, investi par le Bey le 2 Mars, a finit par rendre sa démission le 17 Juin (Il est brièvement remplacé par Salaheddine Baccouche). Le Néo Destour qui en avait été chassé avait mis une pression énorme sur ce gouvernement illégitime à ses yeux. Pierre Mendès France déclare " qu'il ne tolérerait aucune hésitation ni réticence dans la réalisation des promesses faites à des populations qui avaient eu confiance en la France qui leur avait promis de les mettre en état de gérer leurs propres affaires ". Tout est dit. Les colons se sentent trahis. Pis, le 29 Juillet Voizard est limogé manu militari par Mendès France qui a découvert qu'il couvrait les actions de la Main Rouge. En Août, la France approuve le principe d'autonomie de la Tunisie et Mendès France se déplace en personne dans la Régence. Devant le Bey Lamine, il confirme ce principe adopté en déclarant : " L'autonomie interne de l'État tunisien est reconnue et proclamée sans arrière-pensée par le gouvernement français qui entend tout à la fois l'affirmer dans son principe et lui permettre dans l'action la consécration du succès. Le degré d'évolution auquel est parvenu le peuple tunisien - dont nous avons lieu de nous réjouir d'autant plus que nous y avons largement contribué -, la valeur remarquable de ses élites justifient que le peuple soit appelé à gérer lui-même ses propres affaires ". Le 7 Août, un gouvernement d'union nationale sous la direction de Tahar Ben Ammar incluant des membres du Néo- Destour est investi. Ben Youssef en a été écarté volontairement. Le RFT mobilise ses partisans et ce jusqu'au sein de l'hémicycle. On accuse le Président du Conseil de brader l'empire. Certaines attitudes vichyssistes parmi les colons refont surface avec les origines juives de Mendès France. Devant la nouvelle attitude du gouvernement français, Bourguiba fait désarmer ses troupes en Décembre 1954 tandis que Salah Ben Youssef condamne le gouvernement français.
Un nouveau front s'est ouvert en Afrique du Nord. Le 1er Novembre 1954, des attentats ont eu lieu à Philippeville, en Algérie, contre des Colons. L'histoire les retiendra sous le nom d'attentats de la Toussaint noire, le début de la guerre d'Algérie que la République française surnommera pudiquement " les événements ".
La chute du gouvernement de Mendès France le 5 Février 1955 donne l'opportunité à Bourguiba de se faire recevoir dans les salons du Premier Ministre Français, Edgar Faure. La IVème République, qui n'a plus que 3 ans à vivre, traite désormais d'égal à égal avec le leader du Néo- Destour. C'est un camouflet pour les colons, une insulte pour le Bey qui se sent frustré d'avoir été écarté des négociations. Le 1er Juin 1955, Bourguiba rentre triomphalement à Tunis. Deux jours plus tard, la France entérine par un accord sur le futur transfert des pouvoirs (hormis les Affaires Etrangères et la Défense) à un gouvernement indépendant tunisien. Naturellement, le RFT refuse l'application de ce protocole qui divise tout autant le parti de Bourguiba dont les partisans s'affrontent avec ceux de Salah Ben Youssef, rentré d'exil lui aussi le 13 Septembre. En Octobre, le Néo- Destour connaît une crise importante au sein de son mouvement. Salah Ben Youssef est exclu du parti et destitué de toutes ses fonctions. Décision que l'intéressé refuse de reconnaître. Meetings de part et d'autres, discours enragés des différents protagonistes, manifestations sanglantes, émeutes et autres assassinats poussent la France à remettre le 28 Novembre la gestion de la Gendarmerie au gouvernement Tunisien.
Le 28 Janvier 1956, Ben Youssef doit s'exiler à Tripoli afin d'éviter l'arrestation et une peine de mort (une loi a été votée en ce sens contre toutes personnes menaçant la stabilité du pays) puis au Caire. Il sera assassiné le 12 Août 1961 à Francfort.
Le 20 Mars 1956, la France reconnaît enfin " solennellement l'indépendance de la Tunisie ", rend caduque le Traité du Bardo mais conserve toutefois sa base militaire de Bizerte. Il est 17h40, la Tunisie est désormais souveraine. Le Premier Ministre Tahar Ben Ammar (1889-1985) en poste depuis un an peut donner au Bey Lamine Ier l'acte fondateur du pays. Le dernier acte va se jouer dans les coulisses du palais Beylical entre la famille royale et le leader du Néo- Destour. Le dernier Résident Général, le Général Pierre Boyer de Latour du Moulin (1896- 1976) rembarque pour la France. Il avait été nommé à ce poste le 30 Juillet 1953.