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Brève biographie de Mathias Hitimana

Burundi

Né le 24 Février 1949, Mathias Hitimana (d'origine tutsie) rencontre le futur Mwami Ntare V en 1956 et va se lier d'amitié avec le Prince. Etudiant à Bujumbura, il est brièvement arrêté le 29 Novembre 1966 à l'hôtel Paquidas par les militaires au lendemain du coup d'état. Il part alors en 1968 vers la Belgique continuer ses études (Bruxelles où il sera naturalisé belge) puis devient réceptionniste au Hilton de la capitale belge de 1972 à 1973.

Membre de la délégation royale qui arrive en Ouganda au côté du Mwami Ntare V en Avril 1972, il échappe de peu à l'arrestation grâce à des relations familiales. Il tentera en vain d'obtenir du Négus d'Ethiopie qu'il intervienne pour obtenir la libération du souverain.

Revenu en Belgique, il retrouve un emploi de réceptionniste au Novotel de Zaventem (1973) avant de fonder en 1977 une entreprise d'export- import puis en 1980 rachète la Minoterie de Muramvya, ancienne capitale royale.

Fondateur du Parti Royaliste Parlementaire en 1991, à la fois composé de monarchistes convaincus et de républicains, il revient au Burundi participer à l'ouverture du multipartisme. En 1992, il change le nom de PRP pour Parti de la Réconciliation du Peuple afin de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle de Juin 1993. Le 7 Mars 1992, au cours d'une conférence, Mathias Hitimana déclare publiquement " que la monarchie constitutionnelle est le seul régime légitime au Burundi ". Son candidat, Pierre-Claver Sendegeya , obtiendra 1.44% des voix lors de l'élection présidentielle de 1993. Si le PRP aura eu du mal à rassembler les foules, Hitimana a le mérite de replacer la monarchie comme un débat de société dans le paysage pluri- ethnique du Burundi.

Devenu un solide parti d'opposition, Hitimana condamnera fermement le coup d'état du 20 Octobre 1993 qui voit l'assassinat du premier Président Hutu Melchior N'Dadaye. Il refusera de reconnaître le régime du Président (Tutsi) Sylvestre Ntibantunganya (qui a succédé au Président (Hutu) Cyprien Ntaryamira assassiné le 6 Avril 1994 avec son homologue rwandais) et va multiplier les actions coup de poings contre lui avec ses partisans (on parlera même de milices monarchistes). Arrêté et relâché en Août 1994, il organise le 9 janvier 1996 une opération ville morte à Bujumbura et les manifestations organisées par ses partisans le 15, force le gouvernement du Président Pierre Buyoya (de 1987 à 1993 et 1996 à 2003) à déployer l'armée, mettre Mathias Hitimana en résidence surveillée trois jours plus tard.

Le 28 Août 2000, il signe les Accords d'Arusha et devient Ministre des Mines et de l'Energie le 1er Novembre 2001. Ses diatribes anti- gouvernementales, violentes parfois, lui attirent l'hostilité du Président Pierre Buyoya. Hitimana finit par se rallier en Juillet 2002 à la rébellion du Conseil National Pour la Défense de la Démocratie- Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD- FDD) et se fait limoger de son poste (7 Juillet).

Les relations avec Buyoya s'étaient crispées avec le contrat que le leader monarchiste avait négocié avec le Nigéria. Ami personnel du Président Obasanjo, Hitimana avait réussi à négocier une assistance financière de 200 millions de dollars. Lors de son limogeage, Hitimana avait dénoncé le comportement du Président Buyoya et affirmé que ce dernier avait tout fait pour que les accords n'aboutissent. D'ailleurs, le 15 juillet avec 5 partis du mouvement G 10 (à savoir le RADDES, le PIT, le PRP, le MSP- Inkinzo) et l'ANADDE), Hitimna avait dénoncé " les violations massives et continues de l'accord d'Arusha par le Major Pierre Buyoya ". Le leader du PRP payait peut être aussi son ancien soutien à un candidat à l'élection présidentielle, le Colonel Epitace Bayaganakandi et dont il avait une for soutien pour la signature des Accords de Pretoria en 2001, instituant la période de transition ? Quoiqu'il en soit, suite à ce limogeage, le Nigeria avait suspendu toute aide financière au Burundi.

Malgré le retrait de son leader, le PRP va continuer à participer au gouvernement de 2003 à 2005 avec la nomination de son Vice -Président de ses membres au poste de Ministre des Réformes Institutionnelles et des Droits de l'Homme. Cette nomination ne sera pas reconnue par le leader du PRP demandant en vain au nouveau ministre de démissionner de son poste (lettre du 1er Décembre 2003).

Mathias Hitimana est décédé le 15 Janvier 2004 à Bruxelles.

Une lutte pour la succession va s'engager entre le député et Ministre PRP Déo Rusengwamihigo et un membre de la Commission de suivi des Accords d'Arusha, Déo Niyonzima. A l'origine de ce conflit est la nomination, par Hitimana peu avant sa mort, au poste de Vice Président du parti, de Déo Niyonzima devenant de facto son successeur en dépit des statuts du parti (article 42 du Chapitre III) et intime l'ordre à Rusengwamihigo de démissionner du gouvernement. Ce que le Ministre refusera de faire et de perdre dans la foulée son poste de Vice- Président du PRP (et son maroquin en Août 2005).
De cette division va bientôt s'affirmer sur les cendres du PRP, Abahuza fondé par Léopold Biha, André Muhirwa , Guillaume Ruzoviyo, Godefroy Kamatari en 2004 puis un an plus tard le Parti Monarchiste Parlementaire.

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